Ce récit — celui des Décrocheurs — naît de deux sources.
Deux courants distincts mais synchrones, qui, au XIXe siècle, commencent à s’écouler dans le même lit.
La première source est une attitude : celle d’artistes qui, délibérément, tournent le dos à la ville et à ses injonctions pour chercher en forêt un autre rapport au monde, à la lumière, à la vie. Une sociabilité nouvelle naît alors, qui voit émerger, au-delà du chevalet, le paysage et une nouvelle conscience de la nature.
La seconde est un modèle : le phalanstère, cette utopie sociale conçue comme un cadre de vie et de travail affranchi des hiérarchies bourgeoises. Un rêve d’organisation collective, à la fois rationnel et sensible, capable de réconcilier l’individu et la communauté.
Deux sources, l’une existentielle, l’autre structurelle, serpentent avant de se mêler en un fleuve souterrain : la contre-culture. Deux sources à l’origine d’un récit qui dépasse la simple chronologie linéaire : le récit d’attitudes, de mondes possibles, de gestes et de ruptures, un récit convaincu que la richesse de l’Histoire c’est sa complexité.
