384 portraits composent l’affichette produite pour le rendez-vous du 2 juillet au Bar du Marché.

Le format de l’affiche ne varie jamais, chaque nouveau participant, qu’il soit occasionnel ou régulier, est photographié et intégré à l’affiche, qui perd en définition à force d’ajout de nouveaux portraits.

 

Pour l’exactitude, le Bar du Marché se nomme Café du Marché, mais il n’est pas certain que ce soit d’une grande importance, et compte tenu de l’heure du rendez-vous, rien ne permet de penser que l’on y boive du café.

 

L’initiative est due à Christophe Cuzin et Philippe Richard, inlassables animateurs du rendez-vous, et ne tient que sur son seul énoncé (contradictoire) : le vernissage sans exposition.

 

Il n’était que temps! Pourraient dire et avec le sourire les amateurs du genre. L’art râle souvent de ses protocoles : un coup les commissaires, un coup les institutions ... Sinon les vernissages qui, demeurant l’écran qui empêche de voir l’expo (même si cette idée est sans doute à revoir), seraient passés de sociaux à mondains et auraient donc perdu de leur convivialité (on pourrait sans doute mettre cela aussi sur le dos de la comm’).

Voilà donc un vernissage sans exposition et qui a au fond le mérite de réunir ceux que, naturellement, on retrouve aux vernissages, sinon aux expositions. À ceci près que l’absence d’exposition semble assez libératoire et permet de simplifier les rencontres et les échanges : sans expo pas d’enjeux, et sans enjeux moins d’égos (ou de parano).

 

Le Bar du Marché est un endroit particulièrement vétuste sinon sale, il n’y a rigoureusement rien d’attrayant dans cet établissement (sensiblement moins cher qu’ailleurs dans Paris), il dispose cependant d’un gros avantage : on s’y gare facilement, et comme je m’y rends de préférence en voiture ...

L’audience rassemblée par ce rendez-vous hebdomadaire est absolument exotique de l’endroit : nous n’aurions rien à y faire et sans doute n’y serions jamais rentrés s’il n’était ce rendez-vous ...

Christophe Cuzin
Affiche pour le Bar du Marché

septembre 2011

Toujours soucieux d’apporter quelque chose à ce à quoi je m’ajoute, il m’a semblé pertinent de proposer quelque chose comme une exposition, c’est à dire un cadre propice à l’expression de ce que les habitués du Bar du Marché savent faire de mieux, en veillant à tenir compte sinon intégrer au moins quelques unes des notions (souvent implicites) e qui font la singularité de ce rassemblement.

Ainsi, j’ai fait la proposition à C.O.N.S.O.L.E. d’accueillir un tel événement, le motif étant qu’il s’agit d’un espace privé qui n’est ni une galerie ni un domicile, mais bien plutôt un lieu à la marge animé par des amateurs d’art animés d’une curiosité conviviale plutôt que par des ambitions personnelles.

La configuration du site m’a également semblé un argument : composée d’un large mur frontal, elle permet un accrochage groupé, visible dès l’entrée et dans sa globalité.

Dans le vocabulaire que j’emploie figure le nom « contributions » là ou peut-être on attendrait « oeuvres ». Cet usage indique la volonté d’ouvrir le projet à la participation du plus grand nombre à l’intérieur du groupe en assumant qu’il ne s’agit pas systématiquement d’auteurs d’oeuvres.

Il me semble par ailleurs que quelle que puisse être la forme que prendrait cette affaire elle ne serait pas exactement propice à une installation solennelle permettant la contemplation. Il s’agit davantage d’une place pour l’expression de l’adhésion à une idée (une intuition, un état d’esprit ou un sentiment...) que le support à l’exposition d’une oeuvre en respectant certains canons d’usage.

 

La forme que prendrait cette exposition, quels que puissent être mes présupposés ou suggestions, devrait être le résultat de décisions collectives. Je me présente comme l’un des usagers du Bar du Marché, porteur d’une possibilité, en vue de la partager. Si je tiens à cette attitude, c’est également parce que je m’intéresse ici à la possibilité d’une exposition conçue et engagée par les participants, et faisant l’économie de la distanciation qui serait apportée par un opérateur artistique (commissaire, galerie, conservateur ...). L’idée est émise par l’un des participants, et sa formalisation est décidée par les participants. Les artistes, ou auteurs, y sont les maîtres de leur destin. La chose n’est sans doute pas plus nouvelle qu’inédite, elle permet de rappeler que les artistes eux-mêmes peuvent être des structures de reconnaissance et de légitimation artistique.

Pas au-delà du vernissage 4

accrochage des contributions

faites par les habitués du Bar du Marché

Sélection

certaines images ont été perdues, ou mal référencées. Ci-après, une sélection résiduelle des contributions à l'exposition

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