LAMAININVISIBLEPARORDREALPHABÉTIQUED’AUTEURS

 

"Or, pas plus que la célèbre « main invisible du marché » d’A. Smith, celle de l’intelligence économique n’existe. Le sujet de ses actes, décisions et désirs reste l’homme. Définitivement. Et il serait illusoire de croire que l’intelligence économique résoudrait les problèmes de l’entreprise (après les projets d’entreprise et autres cercles de qualité des années quatre-vingt) sans s’être penché auparavant sur les conditions de possibilité d’un nouvel épanouissement de l’homme au travail, c’est-à-dire la mise en œuvre d’une nouvelle relation de confiance génératrice de coopération et non de rivalité, de diffusion et non de rétention de l’information, de mise en commun et non d’exclusion, dans une visée à long terme, qui tiendrait compte du lien fondamental entre les questions sociales et économiques, les premières déterminant profondément les secondes.”

Édith Msika
Le facteur humain dans l'intelligence économique
Mémoire présenté en vue de l'obtention du DESS Ingénierie de l'intelligence économique
Université de Marne-la-Vallée, décembre 1998

 

 

de : Sylvain, le 8 avril
 
Chers amis,
C’est l’hiver dernier que Jérôme Borel m’a invité à participer à l’édition de la Belle Absente qui aura lieu au mois de juin prochain.
Comme vous le savez peut-être, depuis 2013, Jérôme accueille invite des artistes à présenter un ou leur travail dans son atelier.
Jérôme est, comme on le dit parfois, un vieil ami, et j’ai accepté son invitation avec un plaisir double puisque bien sûr je reçois trop rarement ce genre d’invitations et également parce que j’estime très sincèrement les initiatives individuelles de ce genre : j’y trouve l’expression d’un engagement personnel, j’y reconnais une vertu cardinale de l’activité artistique.
J’ai donc un peu réfléchi (mais pas tant que ça en fait), et ai trouvé que l’occasion pourrait être celle de dire ou de montrer quelque chose de mon rapport à l’art et aux artistes, plutôt que la simple exposition de mes oeuvrettes les plus récentes. L’occasion aussi de prendre des nouvelles des vieux amis.
Il me semble que l’occasion serait belle d’y faire les choses comme il est bien difficile de les faire ailleurs, d’horizontaliser un peu un rapport dont la hiérarchie est bien connue.
C’est pourquoi, en quelque sorte, je vous invite à mon tour.
L’énoncé est assez simple : ce que vous faites m’intéresse. Ou alors : j’aime assez la façon dont vous faites les choses. Ou encore encore : je comprends rien du tout à ce que vous faites mais je ne résiste pas à votre personnalité.
Une des choses qui me rend l’activité artistique intéressante c’est précisément qu’il est possible de s’intéresser aux gens à cause de ce qu’ils entreprennent, à cause de ce qu’ils réalisent. Un physique avenant ne suffit pas. Un peu de fortune est vite insuffisant.
Pour un artiste il n’existe pas, je crois, de rupture entre les activités privées et celles publiques. J’ai tendance à croire qu’un artiste y pense tout le temps, qu’il est tout le temps artiste et que c’est cela parfois qui lui rend le salariat compliqué. Un artiste travaille tout le temps et si l’on prétend s’intéresser à eux, à ce qu’ils font, alors le mieux c’est de créer des occasions de travail. C’est le meilleur moyen de s’en approcher.
 
J’aimerais, beaucoup, que pour l’occasion, unique, vous consentiez à me confier quelque chose qui puisse être assimilé à votre travail d’artiste ou d’auteur.
Un travail plastique, un objet de votre cru, une surface peinte ou des instructions à suivre, un assemblage, un collage peut-être, un texte voire un livre dans certains cas, 
trois petites notes de musique.
 
Je n’ai pas de présupposé sur la façon dont ces contributions seront présentées dans l’espace de l’atelier de Jérôme. L’atelier est assez grand, assez bien éclairé aussi. On y trouve un assez grand pan de mur presque carré, un autre panoramique et un troisième pas très large et toute hauteur. Connaissant notre hôte, un buffet assez avenant sera dressé pour l’occasion.
Je tiens bien sûr à votre disposition les caractéristiques de l’espace, et demeure attentif et curieux des questions et propositions que vous saurez me faire, mais je n’ai pas de plan d’accrochage arrêté à l’heure où j’écris ces lignes. Pas d’énoncé qui permette de conduire la mise en espace de toutes ces oeuvres, pas de principe. Non pas que j’attende le dernier moment, la dernière minute de la dernière heure pour accoucher d’une solution improbable. Je pense seulement qu’il s’agit de conditions peu orthodoxes réunissant un ensemble hétérogène du point de vue des codes avec lesquels nous avons, pour la plupart, l’habitude de travailler.
Je sais ce que l’on n’y trouvera pas : des cartels.
Je voudrais y prendre les œuvres confiées pour ce qu’elles sont, et donc qu’elles me soient confiées en connaissance de cause, en connaissance d’espace, et avec l’intuition de ce que meut cette initiative.
Il va de soi (vraiment?) Que les œuvres confiées seront traitées avec les égards dus, augmentés de l’attention personnelle portée par la main invisible que je mets volontiers au service de ces mêmes œuvres.


de : Sylvain, le 19 mai
 
bonjour tout le monde ...
 
Il y a la possibilité d'un rendez-vous préalable, sous la forme d'un apéro amical, dans l'atelier de Jérôme, mardi prochain.
On y pourra parler du projet, faire connaissance éventuellement, repérer plus finement les lieux, y préciser des propositions, discutailler tout ce qui a lieu de l'être.
 
si vous en avez le loisir, nous pouvons donc nous donner rendez-vous Mardi 23 Mai à partir de 18 heures
chez Jérôme Borel
 
Merci de me faire savoir si vous en serez (ou non), afin que l'on puisse dimensionner correctement l'apéro.
Attention : à 21 heures il faudra que nous ayons quitté les lieux.
 
à vous lire,
 
Sylvain
 
Ce qui me fait penser qu’il y a des choses qui se font assez peu, des rendez-vous qui ne se prennent quasiment plus, ou pas.
Avec un peu de chance, il est possible de trouver la veille ou l’avant-veille de l’événement l’artiste ou l’auteur en train de manigancer quelque chose sur les lieux mêmes du crime à venir.
C’est bien normal : un projet chassant l’autre dans la bousculade des expositions suffisamment scénographiées pour que les lieux soient méconnaissables d’une exposition à l’autre, on se demande bien ce que viendrait faire un chirurgien au bloc aussi tôt dans la saison.
 
Se prépare donc pour mardi prochain un moment de rencontre, d’appréciation et de travail qui va sans doute dans le sens de l’horizontalité que suggère la Main Invisible : l’exposition est une chose qui se décide à plusieurs.
 

 

Florent Audoye

de : Florent, le 12 avril

Hello Sylvain, 

Merci pour cette invitation sympathique !
Ton oeuvre sera donc un accrochage/commissariat collectif ?!
Je peux te confier un dessin (encadré ou non), une vidéo en boucle (à projeter) ou même une performance si les dates coïncident avec mon planning, est-ce que tu as la date exacte de l'opening dans l'atelier de Jérôme ?!
A bientôt, 
Florent


de : Sylvain, le 22 avril

merci Florent!
mon oeuvre sera … je sais pas : j’ai envie de me faire plaisir en faisant un tirage photo, mais si je suis plus sérieux ce sera un dessin, une conséquence du Namedropping sur lequel je travaille et que j’en finis pas …
Mais ce rendez-vous n’est pas une oeuvre, je ne crois pas, ni une oeuvre collective, ni un commissariat collectif. Rendez-vous ça peut suffire. ça devrait être assez court dans le temps : la date prévue est celle du 10 juin prochain et je crois que ça durera le week-end mais pas plus.
je ne tiens pas beaucoup à la projection vidéo : il n’y a pas les conditions pour le faire. Et puis c’est un prétexte à des rencontres, pas à regarder la télé (même ensemble).
Un dessin je veux bien! et / ou une performance pourquoi pas? si tu m’en dis davantage sur la forme, comme ça on l’intègre au mieux!
Question dessin, évidemment, je ne résiste pas à 
     Déclaration en vue de l'immatriculation des artistes auteurs, 2016
     dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°60-3534 
     29,7 x 21 cm, pièce unique
 

de : Florent, le 27 avril
 
Whaouh que c'est bien organisé ;)
 
Avec plaisir pour le cerfa artiste-auteur ! Il n'est pas encadré, un petit système de pochette / accrochage est très simple a installer. Cela ne prend pas de place...
J'arriverais tard du train le samedi 10 juin, en pleine party ! Donc, il faut que je te confie le dessin plus tôt ou que quelqu'un te l'apporte ?! Tu as prévu l'accrochage samedi aprem ?!
Je vais faire ma diva et arriver en retard, du coup pour la perf c'est chaud... A moins que... mon arrivée soit une performance !!! 
A voir, qu'en penses-tu : je débarque avec ma valise, j'accroche, je fais un constat d'état de l'oeuvre etc. Et hop on refait la fête ! Clou a clou !!! Ce serait approprié a mon boulot ! Un vrai/faux artiste régisseur conservateur restaurateur, la tautologie de ouf
 
Sinon une perf le lendemain ?! Tu disais que l'expo était open tout le week-end ?! Je préfère les perfs pendant les vernissages mais bon a voir...
Let me know
Xxx


de : Sylvain, le 27 avril
 
merci Florent!
 
le samedi, la Belle absente est ouverte de 16h à 22h, et le dimanche de 14h à 19h. Comme il ne s’agit pas d’un rendez-vous académique il n’y a pas de vernissage, ou alors il n’y a que ça : le samedi ET le dimanche.
Si tu arrives tard le samedi pas de souci, on t’attend le dimanche pour que tu puisses faire ton constat et ton accrochage. Je me dis même qu’on peut pousser le bouchon (et l’artiste avec) à un constat au décrochage (le dimanche à 19 heures, ce qui viendrait conclure l’événement).
 
Selon l’heure à laquelle tu arrives le samedi, tu peux bien sùr faire ton accrochage ce jour-là.


de : Florent, le 6 mai
 

C’est bien ce dessin ?!
C’est bon, pas de souci, j’arrive à Paris le 8 juin, j’ai tout mon temps !
On pourrait, en effet, organiser une perf de “montage” pour “l’ouverture” (samedi 16h) et une perf de “démontage” pour le “finissage” (dimanche 19h), la boucle est bouclée ?!
Comme ce n’est pas un “rendez-vous académique” comme tu dis, c’est parfait pour mes perfs :)
 
A toute,
Flo


de : Sylvain, le 8 mai
 
C’est bien ce dessin ?! Mais oui! il est très bien ce dessin!
pourquoi il y a des noeuds dessinés dessus?
 
Au détail, un réflexe “old school” peut-être, je fais volontiers l’économie des vocabulaires “performance” et “finissage”. C’est un peu de la coquetterie mais pas seulement :
je me fiche pas mal que ce soient des performances, il m’intéresse davantage qu’il s’agisse d’actes.
Ainsi donc, à cause de toi (en premier prononcé mais d’autres devraient suivre) je vais rédiger une sorte de programme lié à la chose et qui dira que :
 
     samedi 10 juin à 16 heures 
     Florent Audoye fera le constat d’état puis accrochera l’oeuvre titrée :
     Déclaration en vue de l'immatriculation des artistes auteurs, 2016
     Dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°60-3534 
     29,7 x 21 cm, pièce unique
 
et qu’ensuite, le dimanche 11 juin à 19 heures, le même Florent Audoye décrochera puis fera le constat de la même oeuvre :
 
     dimanche 11 juin à 19 heures 
     Florent Audoye décrochera puis fera fera le constat d’état de l’oeuvre titrée :
     Déclaration en vue de l'immatriculation des artistes auteurs, 2016
     Dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°60-3534 
     29,7 x 21 cm, pièce unique
 
Le présupposé est le suivant :
je t’ai préparé une table libre qui te permettra de poser ton dessin à plat pour en faire le constat
l’oeuvre est reçue prête à être accrochée
je t’ai réservé une position d’accrochage
 
est-ce que je dois contresigner le constat? 
et
je t’ai préparé une table libre qui te permettra de poser ton dessin à plat pour en faire le constat
tu as un sac ou un emballage qui te permettra de repartir avec sous le bras

J’ai le sentiment (je peux me tromper, je suis quelqu’un qui essaie aussi d’entendre lorsqu’il écoute) mais en supprimant le terme de “performance” j’efface une partie au moins de la “mise en fiction” que l’usage de ce terme autorise. Un peu comme si l’on parlait de performance pour ne pas dire “spectacle” ou “représentation”.
Or : il s’agit, je crois, d’une vraie oeuvre, sans doute même authentique, et je te tiens pour un vrai auteur (ou un artiste authentique).
Renoncer au terme de performance me permet de faire l’économie d’une distance que je ne crois pas utile, et permet éventuellement de “banaliser” ton action.
 
D’autre part : 
je ne parle jamais de “finissage”, je trouve ce mot laid et un peu lâche. Je parle plus volontiers de “clôture”, y compris s’agissant d’expositions.
 
Il arrive que la pression (ou l’image de la pression, ou la nécessité de l’affolement, de la panique, de l’urgence surjouée pour cause de vacuité) exercée par les institutions (notamment) conduit les artistes ou les auteurs à se soumettre à des codifications ou à des usages mal ou incomplètement maîtrisés. Tout le bonheur de La Main Invisible c’est de n’être soumis à aucune force mondaine ou de relations publiques ni le jouet d’aucune force communicante acculturée. Il est donc possible d’y choisir précisément les termes de son expression.
Autant que possible …
 
S’agissant de l’accrochage :
tu trouveras dans les fiches de ce drive celle de Christophe Cuzin. Il y décrit ce que sera le travail qu’il me confie, à savoir : essayer de peindre un mur malgré une quantité de peinture insuffisante.
Il se trouve que j’assimile ce travail à celui de la peinture en général, de la peinture en bâtiment aussi et donc de la préparation des espaces à l’exposition. C’est pourquoi je réfléchis à réunir ce travail avec le tien, en y ajoutant sans doute celui de Christian Giordano (voir fiche également) qui lui me confiera une collection de “blancs de musée”.
 
Tout ça est en chantier et ne demande qu’à se nourrir de vos réactions …
Merci en tous cas mon cher Florent, 
à te lire,
 
Sylvain


de : Florent, le 9 mai
 
Tu as tout à fait raison sur tous les points que tu évoques !
 
Les deux travaux CUZIN / GIORDANO interrogent l’accrochage et l’institutionnalisation de l’oeuvre, c’est top avec mon intervention dessin / accrochage, ça se mariera à merveille. Est-ce que la position d’accrochage que tu as prévu est “sur” l’oeuvre de Christophe ? Ce serait drôle d’accrocher “dessus”. 
 
Je suis tout à fait partisan de la lutte contre la dénomination du terme “performance” qui est liée à la représentation spectaculaire et à la rentabilité économique. J’ai essayé de nommer différemment mes actions, art-action, mouvements, etc. d’ailleurs je m’en amuse car en même temps je me bats, dans mon travail, aux genres et aux catégorisations normatives. Le terme “acte” est trop connoté théâtral. 
 
Ton texte “Florent Audoye fera le constat d’état puis accrochera l’oeuvre titrée” et son inverse me semble parfait. Merci pour la mise à disposition de la table (toujours présente dans mes perf). 
 
Je pensais faire intervenir un “vrai” accrocheur/régisseur, une amie du CNAP (car je vais utiliser le constat d’état d’arts graphiques du CNAP).

Ce serait sympa d’avoir une aide car j’aime endosser les costumes (PRO puis SOCIO) seul dans mes actions et j’ai déjà invité des danseurs, mais là ce serait pas mal quelqu’un de “véritablement” professionnel qui me permette de me concentrer sur le développement de l’action, en me désistant de la rigueur du document, à réfléchir…
 
Tu m’as demandé si tu devais contresigner le constat, justement, tu me diras si tu as envie de participer à l’accrochage en tant qu’accrocheur/actionneur avec moi, après tout, c’est toi l’initiateur de cet “événement” et tu as aussi la casquette PRO/Artiste que je revendique dans mon parcours
 
Je prépare mes gants de montage, élément phare de l’accrochage :)
 
ps : pour la comm, tu prépares un visuel? Il y aura un événement facebook ?!

 

 

de : Sylvain, le 9 mai
 
pour l’avoir constaté (LOL) de visu, un conservateur n’est pas grand’ chose sans son bel attribut : la table. 
Bon, la grande classe ce serait que je puisse également te fournir “la lampe qui va bien” et qui ne doit jamais manquer d’équiper le conservateur qui, lui-même, va bien …
Bien content que mes remarques partagent tes préoccupations!
Oui, tu as bien compris la question de la combinaison Cuzin - Audoye - Giordano, mais il faut encore que je m’assure que les auteurs concernés soient parfaitement informés de l’hypothèse …
 

de : Sylvain, le 9 mai :


VOLONTIERS! j’accueille volontiers ton amie CNAPienne. Pour ma part j’ai déjà suffisamment d’étiquettes et de rôles, et puis je suis assez pour l’intégration de têtes inconnues …
 
Un visuel + infos utilisable par mail est prévu; prévu et livrable suffisamment tôt pour que toutes et tous puissent en faire bon usage. Rien en revanche s’agissant de Facebook : je n’ai pas de compte sur ce réseau.


de : Florent, le 20 mai

Florent Audoye
Typologie d’un constat d’état d’oeuvre, 2017
Performance-comique en deux actions sur deux jours
-
Samedi 10 juin 2017 / Accrochage à 16h
Dimanche 11 juin 2017 / Décrochage à 19h

LINE UP
Action 1 - Accrochage (table)
> Apporter boîte de conservation
> Sortir les feuilles de couv, constat d’état, gants, clous
> Présenter les 5 feuilles colorées
> Mettre les gants
> Accrocher l’oeuvre 
> Faire une prière/yoga
> Danse effeuillage debout et sur table
(mettre une musique ? Il faut une enceinte bluetooth)
> Ranger les objets et documents sortis dans la boîte
 
Action 2 - Décrochage (table et chaise)
> Danse du “Buro” jusqu’à la position assise (avec chemise)
> Lecture des cases du constat d’état
> Décrocher l’oeuvre
> Ranger dans la boîte de conservation
(mettre une musique ? Il faut une enceinte bluetooth)
> Mettre le panier sur la tête
> Mettre en boule constat d’état

 

Vassili Balatsos

de : Vassili, le 10 avril
 
Ça m'intéresse. On pourrait skyper un de ces jours. Mon skype : (private)
 

de : Sylvain, le 10 avril
 
ciao ragazzo!
bien content de te savoir de la partie!
d'abord parce que j'apprécie d'avoir de tes nouvelles, et ensuite parce que j'aime assez cette perspective d'un travail à distance ...
 
Heu ... je n'utilise pas Skype. à vrai dire : je ne sais même pas comment on fait. Je peux me renseigner bien sùr mais si on peut se débrouiller par mail ça me convient.
 
Let me know
FULLBLAST
 
Sylvain


de : Vassili, le 2 mai
 
J'ai bien reçu le lien et j'ai fait un premier tour. Nous savons déjà que ce sera très difficile pour moi d'être à Paris pour un accrochage... je pensais travailler sur un collage. Le plus simple se serait peut-être d'aller chez Vivoequidem et voir comment tu pourras récupérer une pièce. Ou alors on fait tout par la poste ou bien via email. Dans le dernier cas tu pourras peut-être remixer les éléments. Vu le côté autobiographique des collages...
Peut-être que tu avais quelque chose d'autre en tête?
On a une date?
Take care


de : Sylvain, le 2 mai
 
Ciao ragazzo ! Ravi de te lire. 
Si ça te convient, on peut sans doute faire pas mal de choses par mail. 
Dans le drive tu trouveras un descriptif de l'espace. 
Tes Photomatons sont chez Vivoequidem ? Woaow ! Tu crois qu'ils m'en prêteraient un ? 
Xxl 


de : Vassili, le 3 mai :
 
Alors, les photomatons est une très bonne idée. Vivoequidem les a mais -je crains- non encadrées. Moi aussi j'en ai deux également non encadrées. Je pense que Max, mon galleriste n'aurait aucun problème de t'en prêter une pièce.


de : Sylvain, le 4 mai
 
donc : je vais contacter Max à la galerie, pour lui demander de me prêter un photomaton. J'y vais de ta part et il s'agit d'un emprunt qui ne doit pas excéder la semaine du 10 juin. 
Je verrais si un cadre est nécessaire, ce qui semble être le cas, au besoin je dois pouvoir trouver un cadre + passepartout convenable.
Ce photomaton sera présenté à l'occasion de l'exposition "la Main Invisible", les 10 et 11 juin prochains.


de : Sylvain, le 4 mai
 
pour les plus curieux, celles et ceux qui auraient réussi à se frayer un chemin jusqu’à cette page, un photomaton ça ressemble à ce qui suit :

de : Vassili, le 17 mai :

Super! Encadrés en plus! Envoie une photo pour voir les cadres si tu peux. Content que ça se bien passé. Je serai à Paris fin juillet début août, si tu es là on pourrait discuter de tout ça. Demain je rentre de Chypre et j'aurais plus de temps pour voir les wall drawings.

 

Jérôme Borel

La Belle Absente/présente :
"D'où, chose remarquable, rien ne s'ensuit." R.M.

Si ce titre est apparu durant le grattage de plusieurs couches de peintures anciennes force est de constater que j'ai été arrêté un instant dans ma progression par le wiki de la belle absente de l'OuLiPo.
Mais là où la belle absente de l'OuLiPo prend plaisir à rajouter des contraintes La Belle Absente/présente : s'efforce de les réduire, sachant d'expérience qu'il y en a bien assez. Dans ce cas inutile d'en rajouter.
C'est pourquoi j'ai repris le grattage des peintures à la recherche d'une Belle Absente originale qui ait quand même la forme d'un ouvroir. Ça peut servir un ouvroir, ça peut être utile pour faire de nouvelles rencontres notamment d'artistes, pour voyager dans le temps en d'autres lieux. Ou peut-être vivre un présent idéal d'où serait absent les comités de sélection, les commissions et les commissaires, l'inspection et les inspecteurs, les jurys et leurs membres, les collèges et les sages ?
Alors me direz-vous, c’est quoi La Belle Absente/présente : ? Tout d'abord c'est la tentative de dégager en touche les définitions trop nombreuses, souvent partisanes et réductrices. Ici rien ne m'oblige, viennent les artistes qui le désirent, avec ou sans art. Je ne me sens obligé à rien pas même à faire des choix.
Mon atelier devient cet ouvroir où je cède ma place sans pour autant faire le vide. Je propose un cadre, un espace et un volume où l'activité du peintre est visible mais en suspend afin d'y installer une nouvelle intimité et une proximité qui fait souvent défaut dans les lieux d’exposition
standard.
La Belle Absente/présente : c'est un week-end par trimestre consacré à recevoir et à accompagner cet être humain, curieux et singulier que l'on nomme communément artiste, où foisonnent des émotions sans qualité et au creux duquel elles se développent. Parfois elles se transforment en paroles, en actions ou en formes, lesquelles provoquent à leur tour de nouvelles émotions chez les contemplateurs. Mais le plus souvent elles disparaissent sans laisser de traces, oubliées aussi vite au point de douter de leur existence.
C'est pourquoi quand une émotion prend soudain forme La Belle Absente/ la présente dans toute sa fragile et éphémère apparence en lui apportant tous les soins nécessaires pour enfin la découvrir.

de : Pierre Fraenkel, le 13 mai  

Bonjour Jérôme Borel, merci pour cette belle occasion de nous exposer.
Vous êtes de Gap, je suis également de Gap, enfin j’y ai vécu 15 ans.
Au plaisir.
 

 de Jérôme, le 20 mai :
 
 merci et j’espère à très vite pour partager les sensations alpines !!!

 

Martin Bourdanove

de : Sylvain, le 4 mai
 
Houlà! le truc traîne sur mon bureau et j’ai oublié de le mentionner.
 
La semaine dernière, lundi 24, pour être précis, je suis passé à l’atelier de Martin (à l’endroit même où NOPOTO écrivit quelques-unes de ses très belles pages) pour y prendre la contribution de Jean-François Demeure. 
Martin en a profité pour me confier également sa contribution.
Celle-ci prend tout bonnement la forme d’un catalogue intitulé BAZAR et édité en 2013.
Pas prof’ pour rien : le mec me donne des devoirs …
à l’intérieur de ce petit catalogue, on trouve les lignes suivantes : 
 
BAZAR
Une base de données pour inventer des formes et sans cesse recommencer.
A partir de cotes extraites des différents catalogues de vente d’appareils ménagers et de mobilier de maison, concevoir un projet, en déterminer la forme et l’organisation.
Une fois réalisé, le projet pourra être conservé, recyclé, ou détruit.
Un ensemble de documents (photos, vidéos …) fera état de l’activité produite.
 
ainsi donc, le “faisant état” est engagé, reste le reste, qui consiste à puiser dans un ensemble de dimensions les formes propices à un moment remarquable de la liberté individuelle d’expression.
Je mets la barre aussi haute que possible : la balle étant dans mon camp (je l’ai bien cherché), je commence par la triturer un peu …

 

Olivier Breuil

de : Olivier Breuil, le 8 avril
 
Merci beaucoup honey pour cette ré-invitation qui me touche. Je voudrais bien te proposer quelque chose, laisse moi y penser... pour quand te le faut il?
 
Olivier


de : Sylvain, le 22 avril
 
ben, la date c’est celle du 10 juin, donc j’ai besoin d’avoir les oeuvres le 9, à l’adresse …


de : Olivier Breuil, le 15 mai
 
Je te propose 2 ou 3 petits tableaux de ma série “bruise paintings”, 2014
format A4
coups de poing, bombe aérosol et peinture acrylique sur carton plume

de : Sylvain, le 15 mai :
 
Merci Olivier!
je recevrai très volontiers ces deux peintures, assez impressionnés par … l’énergie (reçue comme contenue?).
Y a-t’il un mode de présentation particulier? plutôt une petite console ou encadré? épinglé? tu me dis?
 
Merci!


de : Olivier Breuil, le 15 mai

;-)
je vais faire des essais de présentation. Je pensais soit monter un tasseau derrière, soit l’encadrer (histoire de les rendre plus “précieuse” en contraste avec les coups de poing...)

 

Denis Brun

de : Denis, le 19 mai
 
Salut Sylvain ça va ? dslé pour le retard de réponse. ça m'intéresserait bien de participer, genre t'envoyer un dessin et un ou deux liens soundcloud...
Dis moi 
Bises
Denis


de : Sylvain, le 19 mai
 
Ah! cher Denis, le ciel était encore bien sombre en attendant ton éclaircie.
Bon, blagues à part … 
Tu as une photo du dessin? De mon côté j’organise le lecteur MP3 et le casque (fermé); je peux pas promettre la piste de gogo dancer mais je peux organiser une vue sur la boutique Marionnaud de l’avenue de Flandre HA!
Pas mal, non?

Ant City Resolution - Denis Brun
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Nathalex Callay

de : Alexandre Callay, le 8 avril 2017
 
Très belle initiative Sylvain tout à ton image.
4 envois au moins partent par la poste entre aujourd'hui et quelques jours.
Elles vont prendre du temps mais devraient arriver.
Si ouvertes, ce n'est pas grave. C'est un des possibles.
 
Des bises ensoleillées.
Alexandre


de: Sylvain, le 22 avril
 
Alexandre je l’ai rencontré sur Facebook il y a … quelques années déjà.
Après s’être fâchés dans le virtuel, on est devenus de très bons amis dans le réel.
 
Je ne suis pas certain de pouvoir localiser correctement et en temps réel (encore?) Alexandre sur le globe terrestre. Je le crois volontiers à Los angeles, mais je sais pas dans quel quartier.
 
Ce dont je suis sûr, ce que j’ai fini par comprendre, c’est que lorsque je trouve dans ma boîte aux lettres un assemblage indescriptible ayant mal résisté aux griffes d’un agent du tri postal l’expéditeur est à coup sùr Alexandre.
Depuis le début du mois j’ai reçu deux envois … Lou, ma fille, est restée assez perplexe devant ces missives (la deuxième est arrivée ce matin) et j’ai eu assez de mal à répondre de façon cohérente à sa question : qu’est-ce que c’est? 
C’est là que je sais qu’Alexandre est un très bon artiste …
 
Bon alors Alexandre? les envois reçus sont ta contribution? je me débrouille pour les “présenter” ou tu prépares autre chose?
 
Ceci dit, je réalise maintenant que j’ai un truc très chic pour présenter ces oeuvres …

 

de : Sylvain, le 26 avril
 
salut Alexandre!
reçu ce matin que quatrième envoi … Merci Beaucoup! je suis toujours stupéfait du miracle que constitue l’arrivée intacte de ces envois si peu conformes aux calibrages postaux …
 
J’ai une idée, assez simple, un peu “conformiste peut être, de “mise en forme à des fins d’exposition. J’y réfléchis encore et te fais savoir. 
En premier lieu, je voudrais y ajouter les envois reçus précédemment et qui sont sensiblement de même nature. ça pose un problème?

pour les curieux :
les envois d’Alexandre c’est ça :

on y trouve des collages, des images, des articles de presse pliés et aussi des graines (semées depuis) et des paillettes. Certains de ces envois sont “à bruit secret” dont je préserve évidemment le mystère ...
 
de : Pierre Fraenkel, le 13 mai :
 
Salut Alexandre!!!


de : Alexandre, le 17 mai :
 
Bonjour Pierre et Sylvain. 
 
Aucun souci pour tout ajouter, mélanger. Fais comme il te plait. J’aime les découvertes.
Je suis étonné aussi par le fait que certaines arrivent complètes...très souvent, les ami(e)s les reçoivent ouvertes et/ou déchirées plus ou moins intentionnellement.
Le plus drôle (enfin pour moi) est que Johannes M Hedinger me proposa de trouver un nom à la démarche. Nous parlâmes beaucoup sans toutefois nous attacher à trouver ce nom. L’idée est de réduire les intervalles de la discontinuité pour un continuum de formes, d’actions, de relations, de création qui nous permettent de nous rapprocher du vivant. Les objets ne sont alors que des intermédiaires facilitateurs de communication. Comme ici. Je pense souvent à Pierre, ai perdu son adresse postale, et pourtant aimerais avoir de ses nouvelles. Peut être cette occasion.
Comme champ des possibles, j’aimerais ajouter au paradigme des trois unités (temps, lieu, action) celui des trois dimensions : continuité, ubiquité, interactivité. Les artistes explorent très souvent une dimension mais rarement les trois ensembles.
Je prends souvent l’exemple de l’urinoir pour indiquer que l’équivalent au 21ème siècle n’est pas le smartphone mais l’utilisation qui en est fait. Nous sommes ainsi passé de l’ère de l’objet roi inscrit dans les trois unités à celui de l’usage magnifié comme savent si bien le faire nos proches inscrits dans le paradigme des trois dimensions, comme Monsieur Jourdain faisant de la prose.
Au plaisir de vous lire ici ou ailleurs.

 

Christophe Cuzin

de : Christophe, le 23 avril
 
Cher Sylvain,
 
J'ai lu avec attention ton courriel dont je suis friand,
À ta demande, je peux répondre par un concept souple et léger appelé "pas assez". Son libellé est " peindre un mur à partir du centre avec cette quantité de peinture insuffisante" le travail se réalise à l'aide d'une patte de lapin est doit être fait par le commanditaire, le résultat est son choix plastique, issu de sa nervosité, de son organisation ou de tout autre sentiment.
Peut être que cette proposition rencontre le projet demandé?
divers exemples:

On n'est pas là pour vendre des cravates, Lezoux 2010, par Carole Manaranche

Galerie des Multiples, Paris 2011, par Magali Taureil

Plateforme, Paris 2013, par Cécile Azoulay

Nonobstant, Super Nozay 2016, par Marine Provost

de : Sylvain, le 27 avril
 
Merci, bien cher Christophe, pour cette proposition (proposition pour laquelle je sais que tu sais que j’ai par le passé déclaré quelque chose comme une flamme ).
Me voilà donc au pied de la cimaise, la patte ruisselante à la main, à devoir choisir une couleur et déterminer un centre…
Ces deux précisions doivent te faire sentir le danger, déjà, qu’il y a, là, à me confier pareille entreprise…
Comme on dit, histoire d’être certain de pouvoir faire une connerie : je suis libre de choisir la couleur n’est-ce pas?
et la réponse sémillante est : fais-toi plaisir ...


de : Sylvain, le 13 mai
 
bonjour Christophe, c’est le commanditaire qui voudrait savoir …
Comment établir l’insuffisance? Jusqu’à quel point de précision?
Par exemple : on estime généralement le recouvrement de la peinture acrylique à 10m² par litre.
Fondé sur cette donnée, il est clair que 5cl de peinture sont insuffisants pour recouvrir 10m². Comme devraient l’être 75 cl de cette onctueuse préparation. Comment décider entre le carrément insuffisant (qui a le charme de la radicalité) et le presque suffisant (puissant générateur de frustration)?
 
S’agissant du centre, je vois à peu près (à gauche de Bayrou?)
S’agissant de la couleur : je respire à pleins poumons l’air vivifiant de la liberté (encore plus à gauche de Bayrou).


de : Christophe, le 14 mai :

 

cher Sylvain,
Je te remercie pour les précisions que tu apporte à mon propre travail, étant moi-même souvent trop aléatoir, aux proportions que tu donne, je dirais de prendre la moitié afin que le travail ne puisse s’achever avant une deuxième couche éventuelle, tu vois le truc.
merci de prendre en charge cette délégation et à très bientôt
Christophe

 

la Main Invisible, Paris 2017, par Sylvain Sorgato

 

Jean-François Demeure

de : Sylvain, le 22 avril
 
Jean-François ne sera pas là.
il doit me confier une de ses oeuvres, que je récupère demain à l’atelier de Martin Bourdanove.
 
le site de NOPOTO montre ceci du travail de Jean-François 

     La Gimbelette

     granit, caoutchouc, textile, date inconnue …


Bon : demain je saurai ce que m’a réservé Jean-François ...


de : Sylvain, le 27 avril
 
lundi dernier j’ai récupéré dans l’atelier de Martin B. la contribution de Jean-François.
 
Il s’agit d’un cadre à hausse blanc de 53 x 68 cm, contenant une feuille rose fluo entièrement piquetée suivant des entrelacs ou des volutes. Presque au centre, passant par un trou plus grand, émerge un tortillon pelucheux, rose également.
Tout concorde : je crois bien qu’il s’agit d’une pièce de Jean-François le facétieux. Si j’en doutais, un tampon au verso du cadre vient me la garantir.

 

Émilie Duserre

De : Emilie, le 14 avril :


Salut Sylvain, 
J'espère que tu vas bien?
Chouette projet, je suis partante!
À bientôt
Emilie

de : Emilie, le 24 mai
 

Sans titre(6), 2016
encre sur papier et polystyrène extrudé contrecollé sur bois

19 x 28 cm 
 
Sans titre(2), 2016
encre sur papier et polystyrène extrudé contrecollé sur bois
19 x 28 cm

 

Léa Eouzan

de : Sylvain, le 19 avril
 
bien le bonjour!
 
un mot en vitesse à la suite de mon message précédent :
j'organise une expo le 10 juin prochain qui rassemblera des amis artistes plasticiens mais aussi auteurs et musiciens.
j'ai du t'envoyer l'invitation (ça va de soi!) mais si j'ai fait un oubli tu me le dis.
j'aimerais bien montrer ta photo de Neyret que je possède. Si ça te convient. Si tu as une autre proposition j'en serais ravi mais je sais que l'éloignement peut rendre les choses compliquées.
 
let me know.

Neyret 3/5, 2009
tirage photographique (épreuve d’exposition) 
cadre à hausse blanc  52 x 62 cm
Coll. Part., Paris

de : Sylvain, le 20 mai
 
(la preuve, pour qui en doutait, qu’un mois ça passe vite…)
 
ci-après la notice que j’avais écrite au sujet des photographies de Léa présentées à l’hôtel et dont provient celle qui sera exposée à La Main Invisible
 
Il existe des lieux de mémoire, des lieux pour le souvenir organisé. Mais il n’existe pas de lieux sans mémoire. Les vrais lieux sont forgés par l’histoire qui fut celle de leur activité. 
C’est peut-être l’été, et Léa Eouzan à le bâtiment pour elle toute seule. Ses usagers l’ont abandonné, le temps de quelques vacances, et Léa photographie ce lieu entre les parenthèses dans lesquelles il se trouve. Léa Eouzan parcourt et observe ce bâtiment au repos. Après le tumulte de l’année passée, et avant le brouhaha de la rentrée prochaine. 
Léa Eouzan s’attarde dans les lieux jusqu’à ce que ceux-ci fassent l’aveu de l’histoire dont ils furent le théâtre. L’histoire n’est pas seulement événementielle, elle est également sensible, on en trouve l’épaisseur dans les vestiges des lieux qui furent ceux de nos rencontres, de nos activités : dans les restes de notre travail des lieux. Ce travail photographique fait le pari de la persistance de l’aura. 
 
Maintenant que le tableau a été retiré, maintenant que le jeune artiste est parti en vacances, il ne reste plus que ça : la magie de la disparition des œuvres, des poèmes, des promesses et de la grâce. La matière a sans doute quitté le bâtiment, mais ce qui reste est énorme. 
Ces photographies sont des instantanés qui s’éternisent. 

 

Alexandre Erre

de : Alexandre, le 12 avril
 
Bonjour,
Je suis tenté.


de : Sylvain, le 22 avril
 
j’ai rencontré Alexandre l’automne dernier à l’occasion de la mise en place d’un projet qui a foiré assez lamentablement.
Alexandre fait me semble-t’il de la sculpture, plutôt en béton, et il vit sur une île exotique. tout ça pour rendre les choses faciles bien sûr...


de : Alexandre, le 24 avril
 
Donc dans l’idée si on peut présenter ce que l’on désire (youhou!) j’aimerais beaucoup présenter une de ces deux vidéos sur lesquelles je travaille en ce moment!

sinon peut être travailler encore sur la production de nouvelles formes de ce type mais je serais effectivement intéressé de présenter à un public ces vidéos qui me tiennent à coeur. A discuter! 


de : Sylvain, le 26 avril
 
merci Alexandre!
les sculptures semblent assez prometteuses, je brûle de les voir en vrai!
je prends volontiers une vidéo : je suppose que depuis Nouméa ce sera plus simple que les sculptures.
Tu as un lien vers ces vidéos? tu peux me les “wetransférer”?
la question qui se posera évidemment c’est celle des conditions de diffusion. Dès que j’ai quelques pistes je te fais savoir. La projection me semble impossible, et j’aimerais privilégier un format tablette. Je t’en dis davantage dès que j’en sais plus.

de : Alexandre, le 4 mai :

Je voudrais montrer deux vidéos, dont celle qui présente un plan fixe de personnes sur un radeau au milieu de la mer, à Nouméa, toujours avec une lecture du chapitre sur "la main d'oeuvre indigène" et "la main d'oeuvre immigrée" tiré de la notice à l'usage des futurs colons en Nouvelle Calédonie.

je finis le montage de la vidéo j’espère pouvoir te la montrer très très vite par contre je suis en travail/collaboration avec des amis kanaks et aussi l’ALK (l’académie des langues kanak) pour traduire à l’écrit et l’orale des textes qui iront avec les vidéos donc si je t’envois quelque chose faudra bien considérer qu’il manque une partie vitale (à mes yeux en tout cas) je les uploaderais surement en privé sur youtube comme ca je pourrais te partager un lien facilement! Pour les sculptures je peux m’arranger on va voir ce qu’il est possible de faire mais je te tiens bien au courant!


de : Alexandre, le 16 mai

hop me voila avec le lien vers les deux vidéos et les mots de passe :


ce sont les deux ou la vidéo que je viens de réaliser et que je voudrais présenter


de : Sylvain, le 17 mai :
 
Merci Alexandre!
… étonnant ...
comment puis-je faire pour télécharger ces vidéos?


de : Alexandre, le 19 mai :
 
yes it’s good je viens de cocher la possibilité de la télécharger dans les options! dis moi si ca fonctionne comme il faut sinon je trouve une alternative direct! 


de : Sylvain, le 19 mai
 
ça fonctionne mon cher, ça fonctionne …
 
il ne me reste plus qu’à fabriquer une télé …


de : Alexandre, le 25 mai
 
Bonjour sylvain je te mets ici le lien vers la version “updaté” de la vidéo du radeau, corrigé quelques fautes, fait des modifs etc 

tu me diras si tu as bien pu la télécharger


de : Alexandre, le 27mai
 
dis moi quand tu l’auras télécharger je serais moins stressé :’(

 

Isabelle Ferreira

de : Isabelle, le 9 avril
 
bonjour Sylvain,
 
une réponse rapide comme un souffle...
 
Etre de retour dans l'atelier de Jérôme avec ton regard (et ta main invisible) porté sur un objet auquel je tiens particulièrement (et que je ne retrouve pas là tt de suite en le cherchant rapidement pour valider ma première intuition...), avec plaisir !!
 
il faut juste que je remette la main dessus*...(merci le déménagement) ...sinon cela sera autre chose...
*il s'agit de mon premier marteau avec lequel j'ai frappé mes premières substractions (panneau en bois)...il est coupé en deux tellement il a souffert et a été rafistolé par un morceau de scotch jaune qui a bien vécu lui aussi (mais qui me permettais de le remettre droit pour travailler alors qu'il était cassé)...voila j'ai tout de suite pensé à ça, à l'outil...
 
je t'embrasse et j'espère que tu vas bien...
bon dimanche,
Isabelle


de : Isabelle, le 6 juin :

Bonjour Sylvain,
Mon texto arrive très tard mais c'était pour me permettre de remettre la main sur le marteau cassé que je cherche partout depuis vendredi et que je ne retrouve pas finalement. Du coup je me suis vraiment posée la question de la pertinence de montrer un marteau en bonne forme pouvant tenir parfaitement son rôle de marteau....?? J’aime quand même beaucoup la "main invisible" du coup oui je vais faire ça....

Tu peux écrire :
     Instrument de soustraction, 2013/17
     acier, cuir, 14,5 x 32 x 3 cm

Je t'embrasse,
Isabelle

 

Pierre Fraenkel

de : Cyrille Martin le 12 mai
 
Pierre Fraenkel il a encore rien écrit… pas son genre ça. J’espère enfin le rencontrer.


de : Sylvain, le 12 mai

je crois pas que ça va être ce coup-là … sauf si on se cotise!
Je montrerai MONET! MONET! MONET!, un charmant tirage photographique

c’est beau hein! tout fait main!
 
Je me rends soudain compte que j’en ai des placards remplis de Fraenkel (c’est moi le Chenue de Fraenkel). Toutes les photos ne m’appartiennent pas, mais j’en mettrai peut-être plusieurs, c’est toujours tellement agréable à regarder ...
 

de : Pierre Fraenkel, le 13 mai
 
Et bien c’est bien! 
 
C’est toujours un plaisir de travailler avec Sly (Sylvain Sorgato) , je sais pas quoi dire a part MERCI, je suis trés toucher de pouvoir exposer avec tous ces artistes. Je parcours le travail de chacun avec curiosité et plaisir partager.
Je ferais ce que je peux pour monter vous voir. Bises Alsaciennes !

 

 

la Furieuse Company

F C le 19 avril :
 
Bonjour Sylvain,
 
un peu tard,
mais tu sais que nous, avec la Furieuse Company,
on est toujours d'accord pour un accrochage dans le lieu de ton choix.
Juste accrocher ou bomber !
Dis nous.
 
A bientôt,
Sylvie & Olivier.

voilà : comme ça tout le monde connaît nos prénoms …


Sylvain le 22 avril :
 
Historique :
Les amateurs les plus assidus se souviennent peut-être d’avoir vu de la Furieuse Company une photographie

 

... et des pochoirs

... présentés à l’Hôtel Elysées Mermoz l’hiver dernier.
S’agissant de bomber les murs de l’hôtel c’est Olivier Breuil qui s’était payé ce plaisir, après tout : c’est SON hôtel.

... pour celles et ceux qui connaîtraient mal ce travail, je peux indiquer l’adresse du site :

... adresse à laquelle il est possible (pour 20€!!!) de composer et commander son propre pochoir que l’on reçoit ensuite avec la p’tite bombe qui va bien, le gant pour rester propre et des goodies pour faire plaisir.

Ce que j’apprécie tout particulièrement c’est que la Furieuse Company propose un outil aux amateurs de poésie urbaine.
S’ajoute à ce plaisir le catalogue de leur prose dont on vantera longtemps les qualités humoristiques et littéraires.
Aude (mon épouse) ne résiste pas à ce travail (elle possède son propre pochoir et en met partout), j’avais pour ma part composé le mien dont je n’ai pas manqué de faire profiter les visiteurs de la dernière édition de NOPOTO :

DONC?
ben oui : en l’état, vous (Sylvie et Olivier) êtes les bienvenus à bomber ce qui vous plaira.
Les documents contenus dans ce dossier et qui présentent autant que possible le travail ou les interventions de tous les artistes et auteurs qui seront présents doivent vous donner une idée du contexte avec lequel il faudra composer (si je puis dire).
Bomber signifie que je me charge du recouvrement, histoire de restituer un atelier pas trop dévasté à l’ami Jérôme.
Si vous avez déjà des suggestions de textes, vous êtes bienvenus à les publier à la suite de ce document … comme ça on pourra commenter!


de : Sylvie et Olivier, le 19 mai
 
Hello Sylvain,
mon idée, c’est presque du Sorgato, je vais, sur une surface définie sprayer un maximum de mes pochoirs, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, jusqu’à saturation, jusqu’à la limite de la lisibilité.
Je ne sais pas si je peux le faire sur place?
y a-t’il un extèrieur? une cour?
Puis-je le faire directement sur un mur, sur un support?
De quelle surface est-ce nous disposons?
Merci,
A bientôt,
Sylvie & Olivier.


de : Sylvain, le 19 mai
 
heu … ah! chouette! j’attendais de vos nouvelles!
alors … contrairement à l’espace dans lequel vous intervenez d’habitude, celui de l’atelier de jérôme n’est pas public.
Contrairement à l’espace dans lequel vous intervenez d’habitude, celui de l’atelier de Jérôme est confiné …
Donc, il faut trouver comment vous permettre de réaliser la peinture envisagée …
 
Si vous avez un moment mardi soir, ça vous permettra de vous rendre directement compte des conditions ...

 

Louis Gary

de : Louis, le 10 mai :
 
Hello Sylvain,
 
Je n'ai pu retrouver le lien vers le drive, je t'envoie donc en pièce jointe une photographie de La Joie de Vivre, sculpture que j'aimerais présenter les 10 & 11 juin à la Belle Absente.
Il s'agit d'une sculpture représentant un personnage contemplant une limace qui vient boire dans une mare ; elle mesure environ 450 x 650 x 550 mm ; concrètement : de la laque glycéro, sur du plâtre, sur de la colle à carrelage, sur du polystyrène.

de : Cyrille, le 16 mai :

Salut Louis
Plein de poésie tes objets, je découvre ton travail sur les réseaux, je trouve ça épatant.
Content d’être dans cette histoire avec toi et tous les autres.
Bien à toi.

de : Sylvain, le 21 mai :
 
bien cher Louis, je me demandais … Est-ce que je pourrais présenter cette oeuvre (pour laquelle les qualificatifs m’étouffent pire que si j’avais quatre Krisprolls et deux cents grammes de Nutella simultanément dans la bouche) comme s’il s’agissait d’un bénitier?
Allez …
Dis oui …

 

Christian Giordano

de : Christian, le 9 avril
 
Très belle initiative. Tu peux compter sur moi. J'y pense...
A très bientôt, bises
Chris


de: Sylvain, le 26 avril
 
Quand Christian pense, on a toutes les bonnes raisons de se méfier … Les raisons que j’y vois sont à trouver dans la courte notice que je lui ai consacrée à l’occasion de l’accrochage de ses dessin à l’hôtel Elysées-Mermoz :
 
Christian Giordano est un artiste minutieux, un peu collectionniste, dont les facéties ravissent les amateurs et enragent les amateurs d’idées puisqu’il trouve toutes les bonnes.
Cet artiste est mieux qu’un trouveur (par opposition à ceux qui chercheraient), c’est un authentique trouvailleur. Il me rappelle que la roue de bicyclette bien connue n’aurait été qu’une roue si elle n’avait procuré à son décideur une merveilleuse petite musique perdue par l’urinoir bien connu lui aussi. Ce que trouve Christian Giordano est extraordinaire et sémillant, et nous sommes quelques uns à lui rendre grâce pour cela.
Après avoir conservé des indiscernables nuances de blanc prises dans des lieux d’exposition, puis collectionné indéfiniment les bleus sans cesse changeants du ciel, il vient ici comme l’entomologiste facétieux des dessins auxquels vous n’avez pris garde. 
La créativité n’est pas la sienne mais celle dont nous avons été les auteurs négligeants, sur la tranche des gondoles des marchands. 
L’auteur des œuvres qui contiennent des dessins dont il n’est pas l’auteur butine dans nos marges pour y prélever le nectar d’un inconscient posé là d’une moue boudeuse. Christian Giordano est l’artisan nécessaire de  notre émerveillement.


Nota Bene : ces dessins s’y trouvent encore! Et le prochain rendez-vous c’est vendredi!
 

de: Christian, le 2 mai
 
Hello Sylvain
Alors voilà. J’ai pensé à deux choses.
La première : pour poursuivre ma collection de “Blancs de musées”, je te confie une toile sur châssis 30 x 30 cm vierge. Tu utilises le blanc habituel de la Belle absente pour en faire un monochrome au rouleau. Tu fais une photo du pot, une photo de la toile in situ et tu dates la toile au dos. Le monochrome peut être exposé seul. Au besoin je peux te confier la trentaine de toiles que je possède déjà qui pourraient être posées au sol sur chants en pile propre.

La seconde : Je te donne une édition des “Derniers verres” (36 photos offset A4 de la collection partagée de derniers verres). Tu en disposes à ta guise. Ces photos peuvent être encollées et affichées ou encadrées. Si c’est utile, je peux te confier la série sous verre telle que présentée lors de Nopoto 2015 chez JFD.

...ou bien encore; je peux te confier une œuvre discrète et peu encombrante qui aurait du sens dans une présentation collective…

J’avais pensé à deux choses et je t’en propose trois. 
Pas très carré mais ça cadre assez avec ta générosité, alors…
 
Tiens-moi au courant.
Bien à toi
 
PS : Je n’étais pas à Paris le 28 pour honorer de ma présence l’expo à Mermoz. A regret. Next time…
bises


de : Sylvain, le 2 mai


je vais prendre le Blanc de Musée, ça va de soi …
Ravi de pouvoir contribuer à cette belle collection!
Merci Christian!

 

de : Christian, le 12 mai
hé, hé… j’aime bien ça.
 
Parfait. Je te mets une toile de côté. Reste à convenir d’un rdv pour que je te la remette…
A+
bises

Christian Giordano

Blancs de Musées : la Belle Absente Présente, 2017

châssis entoilés et peints, 30 x 30 cm chaque

 

Christoph Hinterhuber

de : Christoph, le 21 avril
 
Hi Sylvain,
sorry for the delay.
Could it also be a video work?
I send You a .mov file of an essential 2D animation including sound mono hole (AV HD edit).
 
Take care!

de : Sylvain, le 21 avril
 

SUPERGLAD you overcame the french message and join the project.

I just watched the video you've sent. 
 
ok. Well...
I often have difficulties finding interesting videos, and, not to be uselessly polite, this one is PURE DELIGHT.
Should I say it again? I can, no problem. I love it.
 
The sound is cool too, this work makes me feel like meeting Kurt Schwitters at some techno punk party (okay : there about).
 
Globally, the answers recieved from friends/artists to this project (a bit more than 30 participants) are incredibly warm and friendly and sensitive and, well ... I am sort of moved you know!
Defenetly your contribution matches these beautiful feelings. I am privileged.
 
A video?
Well..
What about showing it on a phablette equipped with those carriable loudspeakers teenagers use nowdays? Coud be an Ipad for the best (i need to find one) or some carriable gear of that type. Sound being provided by these incredibly efficient compact equipments they make nowdays.
sexy enough? let me know.
 
I owe you (all of you) further information about this ... affair. I've just finished hanging plenty pictures for other artists at the service of curators I despise and then survived some personal financial crash. Now I have a bit of time for myself and to sharpen this project.
So, you should have further news pretty soon.
 
One again : thank you, deeply, for this splendid cooperation.
 
Sylvain


de : Sylvain, le 9 mai
 
hééé maaaaais! c’est horrible! j’ai rien fait sur cette page!
 
Christoph est un vieil ami, que je vois jamais puisqu’il est autrichien, qu’il vit en Autriche, et qu’en plus c’est à Salzburg qui est dans le Tyrol et que je connais mal la route.

J’ai rencontré Christoph à Grenoble, en 2000 je crois, ce qui lui va assez bien (à Christoph, pas à Grenoble). Elise (la maman de Théotime) travaillait alors à la nouvelle Galerie et s’était entichée du travail de Christoph.
On s’est assez bien retrouvés je dois dire, portant tous les deux assez d’enthousiasme à l’endroit de la trance progressive en vogue à l’époque.
 
De loin en loin on a gardé le contact et, comme pour d’autres (je pense ici à Vassili Balatsos par exemple), ce travail est l’occasion d’entretenir le contact.

 

Corinne Laroche

de : Corinne, le 24 avril
 
Bonjour Sylvain,
 
Merci déjà pour ton invitation.
Je propose la sérigraphie Jaune que nous avons réalisé aux poussières ou peut-être autre chose du même format si cela te paraît possible
Pour la sérigraphie je préfère te transmettre une des miennes encadrée.
au cas où j’ai aussi d’autres dessins plus petits et encadrés, très simple à transporter. 
 
à bientôt,
Corinne
and so wieder …...

de : Sylvain, le 27 avril
 
bonjour Corinne!
 
merci beaucoup pour ta proposition.
En effet, je me souviens assez bien de cette sérigraphie qu’ensemble nous fîmes … 
Mais!
Juste en-dessous, j’en vois une jaune et rouge tout à fait tentante … Y’a moyen? 
tu peux me faire savoir ses dimensions encadrées?


de : Corinne, le 27 avril
 
Bonjour Sylvain,
 
ah ! celui-ci n’est en fait pas encore encadré et il fait 16 x 21 cm (environ 22 x 26 cm encadré)
celui que je te joins ici est déjà encadré et fait 27 x 39 cm.
oh la la mais tu vas + vite que moi avec ce google ….. pffff 
C’est comme tu veux, c’est toi le commissaire ! celui-ci est déjà encadré l’autre non mais pas de souci je m’occupe de l’encadrement.

 

pas mal non plus, toujours très “corinnelarochien”.
Je m’attends à un accrochage plutôt dense et assez diversifié. Je vais faire de mon mieux pour que ce soit pas trop le bordel non plus et que les oeuvres aient “leur chance”, et le visiteur aussi. 
C’est pourquoi le jaune et rouge me semble plus approprié parce que plus dense. Non?

Gwendal Lego

de : Gwendal, le 19 mai :
 
Bonjour,
je pensai présenter une pièce d’atelier, work in progress, à montrer comme tel sur une table ou au sol car pas accrochable, c’est une belle pièce bipolaire (fragment n° 08)  accompagnée d’une boite transparente me servant à collecter les morceaux qui pourraient s’en échapper.

Détail du fragment 08 sur 101 formant la collection de l’Ermitage, 2017
peinture écaillée polie, 43 x 48 cm

 

Julien Lévy

de : Julien, le 12 avril
 
salut Sylvain
Of course you can! Entre ce que tu as et les aquarelles du dernier NoPoTo qui sont chez Christian, je pense que tu as de quoi faire
Une bise et à vite!


de : Sylvain, le 22 avril
 
en effet. Et depuis le temps que je cherche à montrer les aquarelles de Julien à l’hôtel, je vais pas rater l’occasion … chez Jérôme.
Facile : il suffit de les sortir :

Sans Titre V.1. Série spéciale n°2, 2015
aquarelle et graphite sur papier 31 x 41 cm
Coll. Part. Paris

J’ai aussi un volcan dans mon placard secret (ça sera l’occasion de le restituer à son auteur), et Christian va être ravi de ressortir les aquarelles!

de : Sylvain, le 9 mai


question d’accrochage? solutions d’accrochage …
si il y a trop de “choses”, on s’en tiendra à l’aquarelle qui suit :

série : Watercoloured Disasters, 2013
Sans Titre (éruption, Costa Rica 1)
aquarelle et graphite sur papier 20 x 30 cm

sinon … tout!


de : Sylvain, le 21 mai
 
il faut que je fasse preuve d’un peu moins de retenue. Cet après-midi je prends mon courage à deux mains et descends à la cave chercher de quoi bricoler un truc qui va faire plaisir à mon épouse ainsi que tes autres aquarelles histoire de les joindre à l’accrochage pour faire profiter un public venu nombreux (eh bien non justement! et c’est ce … dédain? qui porte la marque de l’AVANT-GARDE, la vraie …).

de : Julien, le 21 mai
 
Salut Sylvain
Je ne comprends pas grand chose au fonctionnement de google drive ou doc mais je vais essayer de regarder. J’ai vu que tu proposais un apéro mardi prochain, je ne serai malheureusement pas à Paris. Te fais confiance quant à ce que tu montres et au moyen de les montrer 
des bises

de : Sylvain, le 21 mai
 
mais si : tu es sur la bonne voie. ça marche “comme ça”.

de : Christian, le 23 mai
 
Salut Julien et Sylvain.
J’ai bien quelques aquarelles à restituer à Julien. 
Sylvain, je te les donne en même temps que les “blancs”. Cette semaine peut-être ?
Bises à vous 2

Voiture en Flammes #1. V.2. Série spéciale, 2015
aquarelle et graphite sur papier 13 x 20 cm
Coll. Part. Paris

Voiture en Flammes #2. V.2. Série spéciale, 2015
aquarelle et graphite sur papier 16 x 25,5 cm
Coll. Part. Paris

 

Stephen Loye

de : Stephen, le 19 mai
 
COLORIAGES:la mains invisibles 
2015- série en cours
 
Bonjour à tous,je vous laisse ci dessous des coloriages, en fait c’est un jeux qu’on c’est lancer avec un amis (Théo Robines Langlois), il me choisis des images et je les mets en couleurs. Je vais envoyé à Sylvain certain d’entre eux et je lui ai demandé s'il pouvait les encadrer dans des cadre style A4, j’en ai fais une sélection de 5,6 . Tous les mettres, juste un seul; à votre guise pour l’accrochage! Au plaisir de vous croiser au vernissage si je peux. Bonne journée à vous. Stephen

de : Sylvain, le 19 mai :
 

eh bien me voilà comblé … je surveille l’arrivée (imminente) du facteur.
J’aime bien mon facteur, d’ailleurs. On le croise souvent lorsque je ramène Lou de l’école le mercredi midi. En toute saison il porte un bonnet de laine grise.
Un truc de cycliste, sans doute. J’peux pas comprendre ...
 
J’ai rencontré Stephen sans trop y croire, alors qu’il était un étudiant approximativement ajusté à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Pontoise Cergy. Stephen est selon toute vraissemblance ce qu’une réunion aussi solennelle que ce haut établissement public, bardé d’enseignants notoirement reconnus comme proémenences artistiques, peut produire de plus sophistiqué, de mieux abouti.
Ebloui par l’immensité des dessins de ce puissant jeune homme, je l’ai presque immédiatement invité à participer à la toute première édition de “Pas Au-Delà du Vernissage” puisqu’il est toujours bon de faire essuyer les plâtres par plus petit que soi.
Depuis, impossible de me séparer du trublion, auteur d’enviables merveilles telles que celles que je reproduis ici avec gourmandise :

Pas mal, hein! 
Ah? C’est Philippe Piguet que j’entends pleurer au fond de la salle?

Immédiatement, j’ai écrit à Gallimard pour leur réclamer 100 000 euros d’avance sur recettes afin de réaliser une belle monographie sur le thème que Paul Ardenne nous enviait à l’époque : L’Art Contemporain et les Semi-Remorques, l’Histoire Poids-Lourd de l’Art.
Qui, finalement, ne s’est pas très bien vendue.

Aussitôt, la terre a tremblé sur toute la côte ouest, de San Francisco (ce qui est beaucoup) à Seattle (ce qui a étonné tout le monde) et la faille s’est ouverte, béante, offerte à tout ce talent, déjà submergée par les plaisirs innommables que seule la jouissance esthétique sait fournir de façon aussi soudaine qu’économique.
Vraiment de la belle oeuvre, de celle qui traverse les Alpilles à la nage et n’a besoin de fournir aucun effort pour voir les médiocres et les laquais s’incliner pour toujours en des rondes sautillantes sur l’air des menuets dont Machine Head, longtemps, eut le secret.
J’en rajoute?
Après ce dessin, ça me semble difficile.

Heureusement pour moi, heureusement pour nous, il y a de très nombreux chefs d’oeuvre de cet immense artiste dont j’ignore tout. 
Vivant tel l’ermite dans une région sauvage et sans ouifi ni école d’art à de mettre sous la dent (le premier FRAC est à cinq heures de mule quand on a la sagesse de prendre le sentier des Malinguettes mais il est quasiment impraticable au printemps et en automne à cause des engueulades bien connues qui font trembler les murs du conseil général) notre génial artiste se consacre tout entier à l’immense tâche dont lui seul connaît les contours et la haute intensité.
Dans les Halpes de Autteprovence je crois.

Les mots me manquent …


de : Stephen, le 22 mai
 
FAIT GAFFE SYLVAIN SI TU CONTINUS À ÉCRIRE COMME çA SUR MOI JE RISQUE DE FAIRE TROP DE DESSINS :) bises

 

Amélie Lucas-Gary

de : Sylvain, le 22 avril
 
Amélie m’a confirmé avant-hier soir sa participation. Elle voulait m’entendre un peu sur le projet, même si elle incline pour une lecture (justement!) d’un extrait de son dernier ouvrage.
 
Comment?
vous ne connaissez pas son dernier ouvrage? le mot-clé c’est peut-être “Picaresque”.
 
mais il y a de très fortes présomptions pour que vous puissiez repartir de la belle absente le 10 juin avec sous le bras une copie dédicacée ...
 
J’attache (évidemment) beaucoup d’importance à la présence d’Emilie, parce que cela me permet d’indiquer (en actes) que je tiens les artistes d’abord pour des auteurs, et au fond, quelque soit la technique (le medium, sic) qu’ils emploient.
Les auteurs, justement, tout le contraire des prestataires, c’est-à-dire des individus qui prennent en charge l’avance d’un propos ne répondant à aucune nécessité.
 
Après, bon, un écrivain, à la rubrique artiste, c’est épouvantablement vexant. C’est des gens qui travaillent avec un vieux Bic et qui n’ont qu’à lire à voix haute pour que ça devienne un événement. Très vexant pour les peintres qui ont besoin de tout un fatras de produits à appliquer sur des murailles ou des toiles pour produire des choses infiniment fragiles …
 
Bon, bref : à confirmer, mais il y a la possibilité qu’Amélie lise un passage de Vierge.

de : Amélie, le 11 mai
 
Cher Sylvain, 
Mon envie se précise.
Le 10 juin dernier, exactement, j’écrivais un texte, Batardeaux, pour la rubrique d’un magazine intitulé 
Écrire aujourd’hui. Il était question d’écriture, d'inondation, de lecture, de Pierre Patrolin, etc...
la coïncidence m’invite aujourd’hui à écrire, pour le lire, un texte en résonance avec ce dernier. je viens de lire “Enfant-pluie” du tant aimé Marc Graciano, illustré par son frère, et  à la fin, on trouve une main négative, La main invisible… 
bref aucune idée de ce que cela sera, voilà seulement une idée de ce vers quoi je me dirige.
tembrass
 

de : Sylvain, le 12 mai :
 
bon, du coup, je suis allé voir le site des photos de Benoît …
 
j’ai également lu l’article que tu cites et me réjouis par avance de l’entendre; à ceci près que : pas beaucoup, mais je vais t’amplifier! faut que je trouve comment, mais il me semble que pour le confort et l’attention de tous il est nécessaire d’amplifier un peu, pas beaucoup, ta voix.
 
hey!
merci..
 
par ailleurs : tu préfères lire le samedi? le dimanche? les deux? 
il y a une heure qui convient mieux à ton timbre qu’une autre?

de : Amélie, le 24 mai :
 
Salut Sylvain, 
J'ai un peu précisé ma proposition.
Je lirai deux petits passages de livres de Marc Graciano (Liberté dans la Montagne, et Enfant Pluie) et ce texte que je t'envoie en PJ.
N'hésite pas à me dire ce que tu en penses.
Tembrass

Graciano grand
 
    J'écris son nom. Rocheuses, Rio grande, cheval au galop ; dans le ciel de mon Amérique, le bleu dure. Les nuages épais rendent visibles les rayons du soleil, ils tombent droit dans la vallée ; l'image orne depuis les choeurs du vieux continent. 
    Liberté dans la montagne. Une forêt profonde et bleue. Ses deux premiers romans déroulent un moyen-âge inventé ; les personnages vivent un temps flou de passé et d'imagination : l'Amérique avant sa découverte selon un ami avec lequel je partage ces lectures. Et j'aime beaucoup cette idée : uchronie ou mystère de ce qui a pu advenir quand on n'était pas là. L'insularité aurait préservé le continent des certitudes historiques et des impossibilités - on ne sait rien par-delà l'océan.
    Marc Graciano écrit le passé en dépit de l'Histoire. L'autrefois est libre, comme le futur et la montagne peuvent l'être : dans le premier roman, on grimpe, on remonte la rivière à la source, mais l'origine s'échappe et disparaît pour que l'auteur poursuive, d'autres livres. Il a l'écriture en amont : amont des mots, amont de la mort, on exhume. Le découvrir relève du plaisir archéologique - c'est un trésor venu de loin. Ou de la conquête d'un continent - on se croit le tout premier. Son oeuvre pose d'emblée la question : d'où vient cette langue, d'où viennent ces phrases ? Comment ces mots-là prennent-ils le chemin du réel ? c'est un secret je crois. 
    Le vieux et la petite fille du roman vont à contre-courant, ils remontent la rivière, mais on croit sentir, en lisant ce flot, l'attrait des phrases pour la pente de l'histoire. La langue lourde et dense suit le relief, s'immisce et pénètre. En amont, en aval, le mouvement est donc paradoxal, le roman aussi complexe que le réel. Et dans le troisième, Au pays de la fille électrique, l'héroïne descend la rivière. Son viol décrit avec beaucoup de détails durant les trente premières pages rappelle Irréversible.
    Le film de Gaspard Noé relatait l'implacable, cette violence, pour remonter jusqu'au réveil heureux d'un couple le matin-même, Graciano fait tout le contraire. Les personnages n'ont ni état-civil, ni passé ; le présent est immense. Quand Noé exalte le destin, Graciano l'ignore. L'héroïne suit le cours de la rivière, elle se dirige vers la mer. Elle va se baigner ; et cette eau salvatrice partira en nuage pour retomber en pluie, ruisseler, rejaillir enfin. Cyclique, et circulaire - j'ai lu ça quelque part -, c'est l'écriture qui triomphe.
    Vient justement de paraître Enfant-pluie, son dernier livre, le quatrième que je lis ; le narrateur est un enfant de la préhistoire, né une nuit de pluie torrentielle. Difficile de ne pas penser à la rivière du premier, quand on lit cette naissance diluvienne. C'est notre enfance, on pense à la Dordogne où Graciano est né : le jeune narrateur évoque l'homme blessé en précisant qu'il ne sait pas exactement où se trouve la peinture. L'évocation de Lascaux fait tourner la tête :  on sait soudain que de ce temps on vient.  
     Cette nuit-là, la pluie torrentielle provoque un glissement de terrain qui met à jour un gigantesque amas de silex. L'eau abonde, déterre, et le peuple d'Enfant-pluie s'interroge sur les raisons de ce musée enfoui, sur le statut de ces objets manufacturés, les pratiques de leurs ancêtres, comme nous nous interrogeons aujourd'hui sur les leurs. Leurs questions sont les mêmes, leurs incertitudes prégnantes. Au sujet de leurs propres pratiques artistiques et de leurs motivations, les contemporains d'Enfant-pluie ont plusieurs explications, les mêmes que celles que nous leurs prêtons d'ailleurs. Le pourquoi s'échappe encore. 
    Rien d'étonnant à voir l'archéologie abordée sans détour dans la narration ; la langue de Graciano vient du toujours, du loin, de l'eau plus vieille que le système solaire. Les mots du Littré qu'il utilise comme des cailloux blancs pour remonter le temps, comme l'eau vieille qui circule : océan, nuage, pluie, nappe, source et rivière. Des mots qui jaillissent et qu'il sait recueillir. Alors dans mon bain ce soir, je pense au premier et au dernier livre, avant ou après ; et mon corps trempe dans une eau bue par les dinosaures autrefois.
    Enfant-pluie part en voyage pour être initié aux pratiques de celle-qui-sait-les-herbes. Elle nomme, et les mots rendent réels. Et puis elle l'initie à la peinture. Je relis ce passage encore ; mes petites mains sont fripées, mes doigts flétris maintenant. Mon corps ramolli perd ses contours, je lis : "(…) et elle a posé la main ainsi positionnée contre la paroi rocheuse près du grand cheval noir et elle a soufflé tout le pigment par la canule, ce qui a fait un brouillard noir qui est venu délicatement caresser le dos de sa main (…)"*

    La main négative aurait pu être invisible.
 
*Marc Graciano, Enfant-pluie, Éditions Corti, 2017

 

de : Sylvain, le 25 mai
 
affreux : je pique du nez à onze heures du matin. J’ai juste … sommeil. 
Remarque : c’est ferié, mais enfin …
Je vais relire une deuxième fois ce texte, mais en l’état :
je confirme qu’il faut que je trouve de quoi amplifier ta voix. Pas beaucoup, mais pour que ce soit confortable
à la lecture de ta proposition je me dis qu’il faut sans doute que sur place on ait quelque chose à se mettre sous la dent au sujet de Marc Graciano et de ses ouvrages
et que cette remarque concerne également Grotte et Vierge


de : Sylvain, le 26 mai
 
Donc, j’ai relu le texte que tu proposes à la lecture.
J’ai volontiers de la sympathie mour le méta en général et la tauto en particulier, mais quelque chose me gêne un peu dans ce texte : il s’agit d’une critique littéraire. Je veux pas être trop facilement dépréciatif en ajoutant : seulement une critique littéraire.
ça me gène un peu parce que je ne vois pas l’intérêt de sa lecture, à voix haute, en public. 
Le texte que tu proposes affiche bien quelques qualités, littéraires justement, et je me suis attendu à le voir basculer de critique à … autre chose, mais je n’ai pas le sentiment que ce soit arrivé.
Je suis heureux de lire ton enthousiasme pour cet auteur, et il faut d’aileurs que je fasse le nécessaire pour partager cet enthousiasme, mais pour le coup : c’est toi l’auteur que j’attends!
Bon, je sais : moi aussi je m’efface derrière d’autres auteurs, mais ces voilages successifs ça fait peut-être beaucoup.
J’espère que tu n’es pas trop agacée par mes commentaires; possible aussi que mon appréciation de ce travail soit fausse. 
… à te lire, je t’embrasse

Sylvain

 

Oscar Malessène

de : Oscar, le 11 mai :
 
Bonjour Sylvain,
 
Voici ma proposition/contribution pour ton événement chez Jérôme Borel auquel je suis enchanté de participer. Dis-moi pour quand tu veux la pièce prête à peindre et à toucher dont il est question ici.
 
   - C'est un rapport que je propose, uniquement. Un rapport homme/support, homme /bois, homme/matière, homme/mère, homme/Homme alors, et homme/futur donc. 
 
   - Il s'agit peut-être d'ailleurs d'un rapport d'absence. D'une absence bien remplie. D'une absence diseuse et racontarde. Une absence de pie. Je peins des oiseaux parfois, non ?
 
   - Une suggestion de présentation au point de la juste préparation pour le peintre. La suspension même.
 
   - Je vais concrètement te laisser un de mes petits formats, 13x18.5 cm, que tu connais, mais avant qu'il ne devienne un Birth of the Cool. Il ne sera en effet question ici que d’assemblage de morceaux de bois (3 en l’occurrence + une ficelle), d'enduction, de ponçage, de préparation, de travail artisanal donc. 
 
   - Qu'y a-t-il absolument avant la naissance de cette fraîcheur ? Un temps, certes, mais de quel remplissage, de quel ouvrage ? De quels autres mots en "age" ?On peut répandre pour attendre. Et répandre un peu courbé au niveau de l'échine. Sur sa table. C'est peu-être une forme de dispersion, informelle..
 
   - Il est alors certainement question de pré-naissance dans ce que je te propose. Avant la naissance, il y a un acte d'amour. Je laisse donc entre tes mains primordialement un acte d'amour, le mien. On peut l'appeler l'acte du pré-naître. On peut l'acter de la sorte. L'enduction servant ici de zone géographique d’invite. La préparation servant ici de sas d'un temps à ouvrir. Le ponçage servant ici de service au tennis.
 
   - La surface ne sera franchement pas blanche, c'est-à-dire qu'elle ne sera pas recouverte de peinture blanche, du blanc de titane potentiellement choisi par moi, mais sera très différemment à peu près blanche/jaune/grise, de la couleur de l'enduit préparateur de surface, non transformée. Est-ce concret ce type de choses faites ? Le mot gesso est laid.
 
   - Une surface lissée, poncée, travaillée assez longuement, à "plus que toucher" donc par les visiteurs qui peuvent s'ils le souhaitent sentir la suavité de la pratique pré-pratique picturale, et son degré, et toucher du doigt le rapport intime digital premier et subjectivement/subjectilement orienté du peintre avec son support d'acceptation.
 
   - un travail plus long que la peinture qui ne vient pas encore. Un travail au niveau des peaux plus que rétinien, bien que l’œil développe aussi des velléités de caresses des surfaces. Ce n'est pas à prouver du reste. Palpabilité intrinsèque.
 
   - Car Sylvain tu sais que mon travail de peintre est un travail de la douceur. Les triangles l'attestent même. 
 
    - Concernant l'accrochage de cette oeuvre prête à peindre et à toucher, je n'ai pas d'indications précises, c'est toi le pro. Comprenons juste qu'elle peut et doit être touchée 
 
 -  Ma suggestion/contribution est fortement banale. Il est à ce niveau fort jouissif de s'arrêter devant cette absolue nécessité de la banalité, face à l'idée qui parfois ravage tout avant même l'existence de ce qui doit venir. Car c'est ce temps majeur qui entraîne éventuellement les choses majeures qui seront, qui sont bientôt. Je te donne un peu de mon temps avec ce support. Un presque rien temporel mais producteur d'essence.

Bien à toi,
Oscar


de : Sylvain, le 13 mai :
 
Bonjour cher peintre …
j’ai lu et relu et si j’ai bien compris il s’agirait d’une pré-peinture (prête à peindre) en quartiers et qui voudrait faire l’économie du regard pour privilégier le toucher?
C’est à peu près ça?


de : Oscar, le 15 mai :
 
Bonjour Sylvain,
 
C'est bien cela, sauf que le tableau n'est pas en pièces détachées : il est monté sur châssis comme les petits que tu as accrochés à l'hôtel. Tout pareil sauf qu'il n'est pas peint, mais seulement prêt à l'être. Sur le point de. Apprêté. Opérationnel.
  Le toucher est essentiel tu l'as compris puisqu'il s'agit de prendre plaisir en caressant cette préparation exigeante qui me procure à moi-même beaucoup de plaisir avant de peindre à proprement parler.


de : Sylvain, le 21 mai
 
Bonsoir Oscar …
Dans ma proposition d’accrochage, je suis peut-être un peu littéral …
Je te propose le dispositif suivant (mais je ne sais pas encore comment le réaliser) :
le tableau prêt à peindre est posé dans l’équivalent d’une caisse qui ferait 25 cm de haut par 50 de large par 25 de profond, disons.
la boîte est accrochée de façon à ce que sa sous-face soit à 90 cm du sol.
la façade de la boîte, ainsi que son capot sont vitrés, transparents : on peut voir à travers le support à peindre dans la boîte.
La façade, transparente, est percée de deux orifices de diamètre 10 ou 11 cm, ces orifices sont séparés par 25 cm.
Tu m’as compris?
Cette boîte privilégie le toucher, et permet au visiteur de se voir touchant.
Dans sa version “luxe”, les quatre faces intérieures opaques sont tapissées de miroirs.
Je l’ai dit : c’est un peu premier degré, mais si ça t’intéresse je suis pas dans la merde ...
Pour simplifier, on peut peut-être fabriquer ça dans une étagère existante.
 
Tu me dis.

de : Oscar, le 22 mai
 
Bonjour Sylvain…
Sois littéral, je t’en prie et je te conjure même de l’être. Faisons les choses comme il se doit, ou comme il se doigte alors, puisque ton idée de caisse invitant le toucher digital va en ce sens.
Je suis donc chaud-saucisse pour ce dispositif de présentation, mais comment faire… Car le temps nous est compté ! Sinon effectivement un tiroir ou une boîte en plexi déjà existante (type curver ou équivalent ?), ou un “coffret” comme pour les bijoux ou les parfums avec leur feutrine si convoitée et sexy... ? Pour les miroirs c’est tout à fait faisable, et autant se diriger de suite vers la version hard-core, où le visiteur regardant et touchant se regarde touchant donc la pièce prête à peindre et à toucher.
Peut-être qu’une annonce à ce sujet auprès de nos coreligionnaires artistiques pourrait décider pour nous ? Sinon il faut la construire en cp + plexi.
Oscar


de : Sylvain, le 22 mai :
 
ravi que ça te plaise!
je vais regarder ça de plus près …
okay, au moins comme une sorte de prototype, le plexi doit pouvoir nous aider …

 

Cyrille Martin

de : Cyrille, le 10 avril
 
J'en suis, si tu veux bien m'accepter.
Bises.


De: Cyrille, le 26 avril
 
Cher Sylvain.
Ah quelle joie de te lire, quel effort de te lire également jusqu’au bout. Ma sculpture, sans doute fait écho à tes projets de longue haleine, la joie et l’effort, creuser un trou et gravir une montagne, pédaler dans la semoule etc…
Merci pour ton invitation, je réponds avec délice et je te propose 10 sculptures de l’ensemble Oh sombra!
Bien à toi.
C.

de : Sylvain, le 26 avril
 
dix sculptures? DIX SCULPTURES???
t’as un camion? avec un hayon? des pompes de sécu? un crédit chez Chenue?
 
Mais? Comment je vais faire???
ce qui est bien c’est que je ne sais pas comment je vais faire.
pas encore …
c’te classe …
on va se régaler ...

de : Sylvain, le 27 avril
 
dix sculptures? DIX SCULPTURES???
et seulement trois photos?
 
je peux avoir des dimensions aussi s’il vous plaît?

de: Cyrille, le 27 avril
 
Cher Sylvain.
Bon, ça peut être 9 sculptures…
C’est tout petit…
 
Bien à toi.
C.

de: Cyrille, le 12 mai :
 

Cher Sylvain.
J’aime bien ce titre ”La main invisible”. En 2011, j’ai moulé l’espace entre mes doigts en plastique et j’ai déposé ces moulages sur des photos de la NASA, la main invisible quoi!

Et je me disais que je pourrais aussi te proposer ces deux petites choses :

Sans titre, 2016
Bois, peinture à l’huile, céramique. 20 x 28 cm. 

Sans titre, 2016

Bois, peinture à l’huile. 20 x 33 cm.

Je fais encadrer tout ça…
Bien à toi.

 

Vincent Mesaros

de : Vincent, le 16 avril
 
Avec grand plaisir Sylvain, je participerai volontiers à ce projet et avec cette pièce :

ou bien celle-ci :

à moins que tu en souhaites une autre.
Elles mesure 150/133 cm, fixées avec des pinces contre le mur, le bas du papier restant un peu roulé.
Quelles sont les dates ?

de : Sylvain, le 16 avril :
 
je prends volontiers le grand dessin aux longs cheveux.
L'expo sera le 10 juin mais je sais pas si ce sera une expo mais ce devrait être un rendez-vous assez agréable ...
merci!
 
Sylvain

 

Miquel Mont

de : Sylvain, le 9 mai
 
Bonjour Miquel!
Quelle horreur : ça fait cent ans et deux guerre d’indépendance qu’il faut qu’on se voit …
Pour la faire brève : s’agissant de La Main Invisible, je serais très (mais alors TRES) preneur d’un collage …
 

de : Miquel, le 18 mai
 
Sylvain, 
je t’avais envoyé ma proposition la semaine dernière mais connaissant mal l’usage du drive je l’avais mise en partage mais dans mon espace et pas dans celui-ci. Je viens de te l’envoyer en partage. 
à très vite,


de : Miquel, le 18 mai
 
Bonjour Sylvain
Voici une proposition, plus deux autres pour ta main invisible
 
Le premier il date de quelques années (comme les autres d’ailleurs) mais il me semble que résonne assez avec ce qui se passe aujourd’hui
dimensions 40 X 30 cm, acrylique/ papier journal/ impression acétate.

Si il te semble trop littéral, j’ai ceci qui est un grand classique, mêmes dimensions

Tu me diras, 
Je peux également les déposer chez Jerôme car ce n’est pas très loin de chez moi
à très vite en tout cas
 
ah, et il y a un 3ème, dont j’aime beaucoup le texte (Television, “friction”) mais je n’arrive pas à être totalement content de la composition (refaite déjà 4 fois). Peut-être que j’arriverai à le résoudre….
Toujours, mêmes dimensions et technique

 

Édith Msika

de : Édith, le 11 avril :
 
je regarderai, Sylvain
entre deux Dijon, courtes interventions dans une classe de 3e,
je t'écris là juste pour mémoriser de t'écrire !
 
bises
 
Édith

 
de : Édith, le 23 avril
 
aide-mémoire :
 
répondre à Sylvain pour le dix juin

 

 

 

en attendant un peu d’écriture, un peu de lecture
 
Édith Msika, maison d'écriture | écrire et ne pas écrire : ce mouvement
 
à la Maison des Écrivains et de la Littérature
 
chez P.O.L
 
chez Cardère éditeur
 
chez publie.net
 

 
(tout ce blanc donne envie de gribouiller)

de : Édith, le 6 mai
 
mon intervention s’intitulerait :
Du moindre effort (matériau pour une plaidoirie et un epsilon)


de : Sylvain, le 8 mai
 
très bien.
vraiment très bien …
heu …
Tu peux m’en dire plus sur la … mise en forme? le régime d’apparition?
Une lecture? une dixture? un objet? un bruissement? une langue dans la bouche?
 

de : Édith, le 10 mai :

Du moindre effort (matériau pour une plaidoirie et un epsilon)
l'auteur n'a pas besoin d'un espace en trois dimensions :
le texte ne s'expose pas, qu'en est-il d'un texte exposé ?
 
Être partisan du moindre effort*.
(extrait de l'article "partisan" du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)
 
plus personne ne lit : énoncé d'autorité, énoncé faible mais possiblement convenable, possiblement adapté à la nature-même du moindre effort, sans aucune argumentation, les mots dans l'espace, etc. etc.
 
hypothèse : exposer un texte rembourrerait le capiton de l'absence de lecture, son alpha, son omega, et tous ses epsilon, pour faire bonne mesure
b) MATH. Symbole d'une quantité infinitésimale que l'on fait tendre vers zéro.
(extrait de l'article "epsilon" du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales)
 
dans l'interaction avec la proposition de Sylvain (puisqu'il est question de cela : avoir accepté d'intervenir dans un espace-temps fixé) - s'ensuit une série de tirets - :
 
-    nous nous connaissons, S. et moi
- je connais quelques autres intervenants
- le dix juin, je peux y être
- c'est la veille du onze, premier tour des législatives et également deuxième jour de l'exposition conçue par S.

- développer le moindre effort en écrivant, en voilà un - - -, compléter avec "paradoxe"
- l'espace : circonscrit par des dimensions
- (revenir sur certaines de ces dimensions, notamment la question du bureau, de sa disposition par rapport à la fenêtre)
- (revenir sur de nombreuses imprécisions, d'une manière générale)
 
Du moindre effort, avec son partisan, auquel il donne l'accolade,
comme ceci } ou comme cela {
…je ne vois pour l'instant que ce tableau de Chirico souligné de ma propre légende, qui puisse illustrer valablement le titre de ce texte destiné à être exposé, à figurer quelque part ou nulle part, c'est à dire à la fois :
une plaidoirie pour le moindre effort ;
un epsilon, autrement dit la quantité négligeable du partisan mû par le moindre effort.
 
(et nous ferons silence sur l'impériosité de l'image dans l'exposition)

Giorgio de Chirico : Mystère et mélancolie d'une rue, 1914
huile sur toile, 87 x 71,5 cm
collection privée

dans la rue déserte chauffée à blanc avec mon cerceau et mon ombre (Giorgio de Chirico)

de : Edith, le 14 mai :
 
(sous le titre : Idée du Soir : Espoir
 
Sylvain,
 
je viens de voir le "pas achevé” de C. Cuzin sur le google drive ;
comme j’aime bien ce que fait Christophe, je crois avoir compris qu’on peut suggérer
des trucs, alors :
serait-il possible que je punaisasse - ou que tu punaisasses -
mon A3 Du moindre effort (je m’achemine vers cette solution)
à un bord de ce "pas achevé" de C.C. à hauteur d’yeux ?!
 
bises,
édith

 
de : Sylvain, le 15 mai
 
bien chère Edith …
je fais le nécessaire pour alerter l’ami Cuzin sur l’existence de ces lignes….
 
J’ai également une sorte de point de vue s’agissant du travail de Cuzin, comme des autres, aussi souvent que possible, d’ailleurs. Disons que j’essaie de bosser un peu …
 
Afin que la peinture en question ne soit trop envahissante ni dans le temps, ni dans l’espace, je l’ai, d’autorité, située sur le panneau latéral de la salle, qui n’est pas toute hauteur.
La zone peinte figure en gris sur les images 3d.

Il me semble que cela offre également un “cadre” à cette oeuvre, que cela la montre et la délimite comme telle. De sorte qu’il y aurait une différence entre cette surface peinte et une autre qui serait utilisée pour dégorger les rouleaux à peindre (vieux truc de peintre, et qui donne des résultats que Christophe envie, à l’évidence).
 
Je trouve, et j’apprécie, dans ce travail, la façon dont la peinture fristouille (ou frizotte) entre sa représentation et sa réalité (faut que je fasse gaffe quand je te parle de ça…). C’est-à dire que 

  • - ce qui est demandé c’est un travail sans talent ni métier, sans véritable savoir-faire (c’est ce qui est indiqué lorsqu’il est demandé de commencer à peindre par le centre de la paroi : un peintre véritable commencerait par la périphérie et avec un pinceau).


  • - ce qui est proposé ça n’est pas tout à fait l’occasion d’un peu de créativité (comme on la trouverait dans un énoncé de Sol LeWitt par exemple) mais d’endosser quelques instants les habits du prolétaire un peu à la façon de Marie-Antoinette jouant à la bergère.


  • - ce qui a lieu c’est un geste de la peinture en bâtiment, rendu maladroit ou impossible, et de fait artisticisé.

 
Ce travail de peinture me séduit parce qu’il expose quelque chose de l’exposition elle-même. Ce travail est une sorte de valorisation de ce qui est en général tenu pour quantité négligeable. Ce travail m’enchante, parce qu’il expose un élément du vocabulaire de l’exposition.
 
Oui, trois fois oui (ouiouioui) je ne le cacherai pas plus longtemps : la première chose que j’ai faite dans des salles d’exposition c’est d’en peindre les murs. De façon aussi étale et égale que possible. Me substituant à des salariés lassés et introuvables à leurs heures de travail; sous les ordres de savants qui venaient eux aussi y participer mais pendant leurs loisirs.
 
Donc, ce travail me parle de l’exposition, de Sysiphe aussi (mais je peux pas tout faire le même jour). 
Quoique, si : je peux préciser :
Le travail demandé est stupide (me murmure un ami analyste chez Natixis). Il s’agit de mal faire (grogne un ancien du kolhoze de Tomsk) et c’est scandaleux (rugit un monteur de chez GM) et c’est vraiment une relation au travail dégradante, honteuse : demander à des gens de “mal faire” c’est les détruire un peu (je maintiens que, spontanément, les individus sont dépourvus d’inclinaisons négatives) le moral et la morale des individus. Ce type de demande est explicitement un abus de subordination :
L’autorité de l’artiste (héritier de Giotto, de Manet et de Malévitch, se fonde sur sa puissance de légitimateur culturel et de démultiplicateur de dividendes pour faire faire des conneries à des gens qui, parfois, n’en demandaient pas tant (qui à peint quoi à la Galerie des Multiples), et de trouver ça drôle parce que c’est stupide.
 
D’une bêtise pareille, de l’exécution d’un ordre aussi idiot, on est obligés de rire (c’est la relation avec Sysiphe : si il peut remonter la pierre sur le flanc de la montagne c’est parce qu’à la descente il rigolait en courant derrière : ça a pas mal agacé l’autorité de l’époque).
 
Là où l’on peut attribuer à Christophe quelque chose comme de la préscience (gage du génie artistique) c’est d’exprimer pleinement ce qui fait la singularité de la relation au travail que chérit notre époque.
Ce qui était peut-être un métier peut être réalisé aujourd’hui par n’importe qui (ou presque) sans formation particulière. Sur ce point, Christophe est tout à fait synchrone avec la campagne de publicité qui fut celle de Castorama en 2015 je crois. 

L’image que je reproduis ici a été prise sur le blog d’un publivore qui fait l’éloge de cette campagne en recconnaissant toutefois que “Les accroches « je suis peintre depuis… » témoigne d’une réalité qui est que tout le monde peut s’improviser bricoleur grâce à Castorama, encore plus les femmes par ailleurs (peut-être pas avec ce type de vêtement de travail par contre). Opportuniste pour Casto et un peu dénigrant pour les spécialistes c’est certain.”.
 
Cette pube se savoure en remplaçant “poseurs de sols” par “assistant parlementaire” ou “neurochirurgien”. Nota Bene : cette campagne appraraît seulement quelques mois, à peine une année, avant qu’UBER fasse de n’importe quel automobiliste (ou presque) un chauffeur de taxi corvéable à merci. Ce que la dissipation des savoir-faire assure, c’est la dissolution des protections professionnelles. Il y a là un truc que l’exercice de la culture des arts plastiques contemporains (en France) véhicule très bien : nul besoin dans un centre d’art d’être électicien pour installer un néon - le DNSEP suffit pour entreprendre des constructions temporaires - déplacer des masses supérieures à 100 kilos est seulement affaire de bon sens et j’en passe …
Ce “travail” de peinture, cette oeuvre de Christophe, porte l’empreinte exacte et profonde de la relation au labeur entretenue par l’art public savant; Christophe demande même à ce que soit rejoué ce rapport par ses propres acteurs. 
La pertinence de cette oeuvre se vérifie dans la profondeur qu’elle permet d’atteindre dans la chair de notre relation sociale au travail.
ça n’a pas été facile, mais j’ai fini par trouver ces deux photographies :

… photographies que les connaisseurs reconnaissent d’après le dessin que Christophe en fit et sur laquelle on voit la réalisation
"pas assez / peindre un mur à partir du centre avec une quantité de peinture insuffisante", à l’occasion de l’exposition : "NONOBSTANT" à Super Nozay en 2016 par Marine Provost.
 
C’est donc Marine que l’on découvre ici; artiste elle-même (http://marineprovost.com/) et qui a donc non seulement assumé de réaliser ladite peinture mais que l’on voit ici en pleine “médiation”, peut être à l’endroit d’un public aussi nombreux qu’incrédule, avec une belle conviction, prête à engager son corps dans son argumentaire, quitte à recourir à des gestes que spontanément je n’associe pas à ceux de la peinture.
Mission accomplie : Marine ayant choisi (Christophe comme artiste) et assurant sa légitimation, son identité, sa stature d’artiste (puisqu’elle était le commissaire de l’exposition); mouillé le maillot en réalisant l’oeuvre (et du même coup le crime précité); mouliné des avants bras et haussé bien des sourcils afin de convaincre (hors champ) de l’impérieuse nécessité de l’accomplissement de ce travail; il ne manque plus que de s’assurer que c’est bien Marine en personne qui aura assuré le recouvrement final de l’oeuvre à l’issue de l’exposition.
Job Done.
Dans mon souvenir, puisque j’en ai, la réalisation  de la même oeuvre à la Galerie de Multiples avait été confiée à une “stagiaire”, ce qui est bien aussi...

Et tout ça pour obtenir quoi?
Un mur mal peint, ou une oeuvre d’art? une variante du test de Rosarch? Un état intermédiaire?
Qu’est-ce qui prévaut? De l’avoir peint ou de l’avoir en peinture? Le geste ou le support de contemplation? La citation ou les conséquences? D’ailleurs, quelles sont les conséquences de cet acte?

 

Sans doute, il est demandé à l’exécutant (Christophe en parle comme d’un “commanditaire”) de produire à la fois le geste et le statut qui sera accordé à ce geste. C’est beaucoup de puissance.
Par exemple : si je choisis de faire cette peinture en rouge, j’en fais une affaire très visible, incongrue, et donc fortement indexée sur l’art : à coup sûr c’est une peinture (possiblement même à vendre).
Si, hasard du nuancier? je fais cette peinture avec ce que j’ai sous la main et que, hasard du nuancier, il s’agit de la même peinture que celle utilisée précédemment pour peindre (proprement) le mur lui-même j’aurai le compte : la peinture a été faite, et elle s’y trouve encore; mais pas le spectacle puisque l’effort de minutie pour que le public puisse donner son approbation est trop important.
 
Le geste assure donc que le contrat a été bien rempli, et la couleur permet d’apprécier à quelle hauteur il a été rempli.
Je pourrais bidouiller la question dans un sens différent : est-ce que la peinture métallique dorée c’est aussi de la peinture? Est-ce que ça “irait”? 
Ayant à en choisir une (de peinture) il est sans doute normal que je déploie l’ensemble des possibilités et que j’en évalue quelques-unes avant de faire mon choix..
 
Bon, je me perds un peu. Mais, en iconoclaste grand teint, je me pose la question de la couleur; et en amateur de peinture renseigné (par les “référents” que je partage avec Christophe) je me pose la question de savoir ce qui se passerait (ce que ça apporterait à ce à quoi cela viendrait s’ajouter) si je réalisais cette peinture “de la même couleur que le mur”.
 
Je me concentre …
Je ne sais pas si l’oeuvre c’est
son énoncé
la réalisation de son énoncé
la contemplation de l’énoncé réalisé
 
Ceci dit :
J’ai affirmé quelque chose, qui n’a d’ailleurs pas suscité de réaction, dans les dessins d’étude en 3d : ayant reçu le projet de Christian Giordano (voir sa fiche), je me suis laissé aller à penser qu’il pourrait être accroché sur le mur sur lequel on trouvera la peinture due à l’oeuvre de Christophe.
Le voisinage (le chevauchement rêvé) de l’un par l’autre (il s’agit de vieilles connaissances, de vieux et bons amis) permettant d’ancrer les deux oeuvres dans une sorte de “critique” du dispositif “exposition” (gardant pour moi mes errements sur la question du travail). 
Je suis donc dans l’hypothèse de réunir sur ladite cloison et chevauchant (peut-être) la zone peinte dont il est question ici les oeuvres méta-expositionnelles à savoir : Cuzin et Giordano auxquelles s’ajoute celle de Florent Audoye (place aux jeunes).
J’ai donné de timides signes (en gardant tous ces documents accessibles et modifiables par tous) mais je n’ai pas encore reçu de frémissements en réaction à cette hypothèse de travail.
 
Donc? à la fin
tu voulais faire quoi tu disais déjà?
dans ton cas, je pensais deux choses (tu m’diras …)
le document pourrait être manuscrit plutôt qu’imprimé. Usant de cursives plutôt que d’impacts, renvoyant au fil de la pensée et j’en passe.
le document pourrait être réalisé en miroir et présenté appliqué sur une vitre. évitant avec adresse les surfaces sans lesquelles les arts plastiques font vite aveu d’impuissance; privilégiant une relation lumineuse avec le réel … osant la disparition progressive et humble à l’heure du couchant.
Qu’en dis-tu?
Sylvain

 

de : Sylvain + Edith, le 15 mai
 
moi 11:13
Yo! Edith!

Édith Msika 11:15
je suis en train de lire ! quel verbe !
et aussi en train de me demander si je pars à Cancale
je comprends dans les grandes lignes, en résumé "Je me concentre …
Je ne sais pas si l’oeuvre c’est
son énoncé / la réalisation de son énoncé / la contemplation de l’énoncé réalisé"
ceci me parle

à la fin tu me suggères le manuscrit, mais je penche toujours pour le A3 en 120 g.avec la repro du tableau, tel que le pdf…

moi 11:18
manuscrit format A3. avec repro du tableau.

Édith Msika 11:19
ah oui, pourquoi pas, je sais pas, j'y réfléchis (pas trop, hein !)
écrire à la main est pour moi réservé aux cahiers, à ce que je ne montre pas, vois-tu !

moi 11:21
Sur le modèle Cuzin, inspiré de l'art conceptuel, il n'est pas nécessaire que ce soit toi qui écrive.

Édith Msika 11:21
Ah, ça m'est difficilement pensable !!

moi 11:22
on atteint des sommets! 

Édith Msika 11:23
d'où l'idée de la mer ! on voit plus tard, bises


de : Christophe, le 15 mai
 
Chers Amis bonsoir et merci de toutes ces questionnements, analyses, commentaires autour de ma proposition, tout me va bien, comme vous le souhaitez, cette oeuvre et maintenant à vous.
Ayant longtemps gagné ma vie en peignant des appartements pour autruis, souvent l’angoisse du pas assez de peinture m’habitas, la stratégie du comment faire, je voulais lui donner une forme par cette proposition, comme lors de l’alerte de la jauge de carburant sur la route, repose toujours la question d’aller vite vers la prochaine station service ou bien lentement?
alors oui pour tout et à bientôt.


Christophe

de : Christian, le 15 mai
 
Bonsoir Sylvain
Il y a peu, je me lamentais auprès d’un ami de ne plus lire que très peu et voilà que m’arrive toute cette littérature. Fort intéressante au demeurant. J’essaye d’imaginer ce que penserait mon père de nos échanges conceptuels et, va savoir pourquoi, ça me fait sourire. En tous cas, je me permets d’y ajouter une couche (si je puis dire) en disant à quel point je serais flatté d’être voisin du meilleur peintre en bâtiment de sa génération. Je connais moins l’œuvre d’Edith mais pour l’avoir croisée, elle, à 2 ou 3 reprises, je suis certain qu’un mur pourrait nous rapprocher. Très heureux donc.
Merci encore Sylvain pour toute cette énergie que tu mets dans ces projets. 
Bien amicalement
Christian


de : Edith, le 17 mai
 
de retour de Dieppe, coups de soleil inclus, nouveau gouvernement ;
je ferai fabriquer mon A3 tel que défini en pdf que tu, Sylvain, placeras où tu veux ;
 
amicalement à tous,
édith
 

de : Edith, le 18 mai

cher Sylvain,

j’ai fait imprimer mon pdf (exactement le même que le dernier que je t’ai envoyé),
très contente du résultat !
il est à l’horizontale, comme une double page,
sur un papier épais ivoire avec un peu de grain -

tu me diras à quel moment tu souhaites le récupérer pour l’installer ?
c’est près de chez moi, ça me sera très facile de passer…

bises,

édith

 

P.O. BOX

de : Julien, le 14 avril
 
Salut Sylvain,
 
Très beau texte. Bravo. Mersi d'avoir pensé à Moi.
Quel est le calendrier justement? J'ai des choses à t'envoyer ;)
Julien.


De : Sylvain, le 22 avril
 
Zut, j’ai pas répondu à son message …
Bon, d’abord merci pour le compliment…
mais j’ai hâte de découvrir ce que tu vas m’envoyer … 
des photos compromettantes d’aupetitallot?
les factures de kebab de Verna? 
le carnet d’aquarelles de Stéphanie?


de : Julien, le 1er mai
 
Je suis désolé, je me retrouve dans un bout de corse sud sans réseau, mais avec wifi. Et entre deux tours.
Je pensais à te proposer "quelque chose" qui ait un rapport avec "ma pratique artistique", c'est à dire la musique.
Et pour moi, j'envisage cette pratique musicale comme un tout, que ce soit dans la réflexion que nous engageons sur la diffusion de la musique, l'objet support, les liens très proches qu'il existe entre des points curatoriaux en débat pour une exposition, et la conception et réalisation d'un album par exemple, les aspects politiques également (jouer en Biélorussie, sortir des compil à prix coûtant avec découverte/promotion de groupe "indé", défendre certaines causes / valeurs, etc.. De même que d'évidente récurrence dans l'organisation d'un groupe avec les liens que tu tisses dans la réalisation d'une exposition.Qu'en penses-tu ?
Je pourrais développer bien plus, de vive voix. Je rentre le 8 mai. il sera encore temps d'en causer ?
On peut éviter de tomber dans la présentation pas forcément intéressante des vinyles, en imaginant des choses de l'ordre du sensible, du sonore, du texte, .... c'est pas encore mûr dans ma tête mais l'envie est là.
 
Je vais retourner sur googledrive relire tout ça.
Si le tremps presse, je t'envoie / t'écris ce qu'il faut dans les jours qui viennent. J'ai du temps !
miaouh.
 
Yul.

THE DRIVE TO FAME
An expressway, speed up, alleyway. Don’t wait anymore. A desert street, no curve, straight up to nowhere. Let’s crash together now, there’s no need to despair. So many open doors leading straight to hell. You are subjugated by a potential fame. A drip inside your veins, a pill to forget the time that is required. You want it right here, right now. A needle in your brain, a shot to destroy boredom and reach the headline. You want it right here, right now. An expressway, speed up, alleyway. Don’t wait anymore.

” Here and now“ has become the norm. Individuals have forgotten the importance of
reflection and act only wanting a moment of fame.

 

Jean Rault

de : Jean, le 10 avril :
 
Cher Sylvain, 
C'est d'Osaka que je réponds à ton invitation 
Je rentre en France à la mi-mai et je serai heureux de participer à cet événement 
 
Cette semaine j'accroche l'exposition dont je joins le carton à ce mail 
Il s'agit d'une cinquantaine de portraits réalisés au Japon au cours des 17 dernières années 
 
Dans l'attente de reprendre la conversation , je te souhaite le meilleur 
Bien à toi , Jean 


de : Jean, le 18 mai 2017
 
Cher Sylvain, 
C’est de retour en France que je reprends la conversation pour confirmer mon intérêt pour l’événement et ma participation. 
 
Comme il s’agit d’une exposition de courte durée, à la logistique souple et légère, je propose d’épingler, comme nous sommes nombreux à le faire, nous autres artistes dans nos ateliers - d’épingler donc des cartes postales de mes oeuvres sur le mur à la manière d’une prédelle ; ainsi on pourra entendre que je suis aussi “près d’elle” ( je veux dire de la Main invisible qui les a “épinglées”). 
Je te propose donc de te faire parvenir ou de te donner de la main à la main lors d’un de mes prochains passages à Paris, une série de cartes postales. On pourrait imaginer qu’elles soient épinglées dans l’ordre chronologique des oeuvres qu’elles représentent, mais ce n’est pas une obligation. J’aurai ainsi moi-même une vision panoramique et synoptique des dernières décennies sous les yeux. 
Depuis des années, je publie en effet des cartes postales, presque tous les ans une ou deux, ainsi j’ai une collection que je distribue de manière homéopathique dans les vernissages, ou que je dépose par petites quantités dans les carteries des musées que je visite. Ainsi, je me place subrepticement, près des artistes que j’aime ; et ces cartes postales que j’ai données sont vendues par les librairies - carteries des musées et elles s’en vont quelque part aux quatres coins du monde, choisies et peut-être elles-mêmes épinglées au mur d’un atelier d’artiste ou d’une chambre d’étudiant. 
 
Je crois que c’est Paul Eluard qui disait que les cartes postales étaient “la petite monnaie de l’art moderne mais que cette petite monnaie donne parfois l’idée de l’or…” 
Merci Cher Sylvain de me dire ce que tu en penses 
À très bientôt 
 
Bien amicalement à toi 
Je t’embrasse 

 

Magali Sanheira

De : Magali, le 25 avril

 

Note d’ intention 


Installation 
vidéo + objets + texte encadré
2014
bois, miroir, métal.
Dimensions variables
Instrument pour improvisation à huis clos
“Float behind closed doors with dead body on sight”
Microphones et objets préparés. 16’56 »
Enregistré le 03/08/2014 à Le Placard.
Bande-Originale, MU, Paris.

L’improvisation à huis clos se déroule sur un bateau. Parallèlement un corps est repêché dans le canal. L’événement hors-champs devient aussi un élément de notre captation environnementale.


de : Sylvain, le 27 avril :
 
il s’agirait donc d’une pièce titrée : 
Huis clos instrument / “Float behind closed doors with dead body on sight”
datée de 2014 et qui se compose de deux éléments : un plateau en bois et un miroir.
pour en avoir parlé avec Magali, cela donne un instrument de musique.

Une séquence vidéo montre l’usage (et le jeu!) qu’en fit son auteur(e). L’instrument est mis à disposition des visiteurs qui se sentiraient le groove d’en jour.
 
Je crois que c’est à peu près ça …
 
La question c’est celle du dispositif qui permette au visiteur de comprendre tout ça; c’est-à-dire de voir la vidéo et de pouvoir s’emparer de l’instrument.
 
S’agissant de la vidéo, je verrais bien qu’elle soit servie avec un bon gros casque bien fermé, bien immersif pour l’auditeur. Il me semble que le son est à privilégier.
Je ne crois pas qu’un “concert” à proprement parler soit prévu. Au point où j’en suis il est simplement possible de jouer de l’instrument, sans davantage de protocole, en maintenant simplement cette possibilité ouverte et en laissant place à ce que le public (ou / et l’auteur) voudra bien en faire de manière spontanée.
Bien sûr, ce “format peut évoluer”.

J’y reste assez attaché parce que j’y trouve une continuité avec ce qui m’intéresse dans l’art conceptuel à savoir la possibilité offerte d’interpréter l’oeuvre, et par là de partager en somme la créativité entre l’auteur et le spectateur. C’est également la raison pour laquelle je privilégie volontiers les vertiges de la spontanéité contre ceux de l’annonce (concert, à dix huit heures, dans un silence religieux). Si quelqu’un, sans prévenir, s’empare de l’instrument et suscite de la curiosité, j’obtiens un échange de très bonne qualité il me semble…
On en reparle, bien sùr.
 
Je n’ai pas le socle, le lutrin, ou le portant qui permette de présenter l’instrument. J’ai bien deux petits présentoirs en fil d’acier laqué blanc permettant de les présenter verticalement (oblique, disons), plutôt que méchamment posés; mais je dois encore trouver le socle, le support, sur lequel poser tout ça.


de Magali, le 12 mai :

Salut Sylvain,
voici en quelques lignes le cheminement qui m’amène à te proposer : 
« Instruments pour huis-clos »
 
À l’origine était un dispositif microphonique destiné à un concert de croisière.
Nous allions nous retrouver à huis-clos pour un temps indéterminé, à remonter le canal de l’Ourq.
 
Les instruments que nous avions sélectionnés consistaient en une suite d’objets bigarrés dénichés de-ci de-là; un coquillage, une planchette de bois ornementée de vis, un miroir, un crayon et un bout de polystyrène.
 
Des micros étaient également posés sur le moteur du navire, pour donner à entendre le ronronnement et le chant de la bête mécanique qui nous transportait.
Face au public, nous voyions du haut de notre petite estrade par le hublot qui se trouvait sur le côté défiler le paysage, et sur la rive la police repêcher un corps sans vie.
Le bateau avançait, la scène s’éloignait, et l’impromptu avait été enregistré.

De dos, tous l’entendirent, l’intégrèrent à la composition musicale sans se douter de rien.
Lorsque notre perception idéalise un événement, sonore par exemple, en le recontextualisant nous créons quelque chose de nouveau.
 
Merveilleuse croisée des sons qui marque le lieu où se chevauchent les événements de différentes histoires.
Ce sont donc ces synchronicités qui m’intéressent car à partir du moment où nous nous en apercevons, où nous les localisons, nous y cherchons forcément du sens même s’il n’y a pas d’ex-voto de ceux qui ont péri.
 
Pour « La main invisible », j’ai envie de ré-activer les instruments de ce rituel à huis-clos.
Le miroir, la planchette de bois, le coquillage, le crayon et le polystyrène seront présentés suspendus, les uns aux dessus des autres sur deux rectangles de polycarbonate.
La pièce musicale performée durant la croisière s’intégrera aussi au dispositif, à un volume sonore qui nous fera tendre l’oreille.


Magali + Sylvain, le 12 mai : 
 
Sylvain : 18:33
ciao Mag! (chuis en train de te lire)

Magali : 18:33
salut, je suis en train de me corriger 

Sylvain : 18:35
"La pièce musicale performée durant la croisière s’intégrera aussi au dispositif, à un volume sonore qui nous fera tendre l’oreille." c'est à dire?
ampli + HP?

Magali : 18:37
non, encore plus petit 
ipod mini + mini spreakers
je vais rajouter qql photos
j'ai fait une présentation au sol

Sylvain : 18:37
cool!

de Magali, le 13 mai :

...il faut imaginer suspendu, et avec cette petite musique….

de : Sylvain, le 13 mai :
 
bien la musique …
Tu arrives à tout suspendre? comme une sorte de mobile?
Il n’y a pas de raccordement au secteur qui soit nécessaire je suppose?


de : Magali, le 14 mai :

Suspension avec 4 petits pitons fermés au plafond + câble d’acier fin.
Non, pas de raccordement secteur.

 

Julie Savoye

de : Julie, le 13 avril
 
Très cher Sylvain,
 
Ta proposition me touche beaucoup, c'est avec grand plaisir que je contribuerai à ton arborescence, permet moi un petit temps de réflexion, je reviens vite vers toi,
Bises bises baci 
 
Julie 


de : Julie, le 15 mai
 
Très cher Sylvain, Très cher Christophe,
 
Il va de soi que la main invisible est l'occasion de propositions pour le moins osées ?
Si tel est le cas, j'aimerai faire une proposition de remplissage de fin de bout mur.

Voilà, mon idée - si le temps le permet - ce serait de boucher les espaces non remplis par l'étendue de Christophe avec une trame trouble, fine. Sur le panneau C, si j'ai bien compris. 

Let me know si ça vous parle,
Bisous 
Julie
 
PS : je vois l'atelier de Jérôme depuis ma fenêtre, on est méga voisin!


de : Sylvain, le 16 mai
 
ben dis-donc : drôlement sollicitée la périphérie de cette peinture!
Vous me savez disposé à beaucoup de choses. Pour avancer cette question (qui a le mérite de recroiser des projets), je vous invite à lire ce que l’on trouve dans le document de Edith Msika.


de : Julie, le 16 mai
 
Pas mal, en effet ! J'ai mal dit mon idée, la trame serait dessinée à même le mur, tel un fond, je vous laisse décider, j'ai pleins d'autres choses dans mon chapeau sinon 
Bisous 
Julie 

 

Timothée Schelstraete

de : Timothée, le 9 avril :
 
Salut Sylvain,
 
Eh bien oui le jeu me tente, encore une joyeuse initiative !
Bref je suis tout à ta disposition :)
Bises
 
Tim


De : Timothée, le 19 mai :

Salut Sylvain,

Désolé d’avoir tardé à te répondre.
Donc, je vais te proposer du petit format.
En fait le titre trouvé me plait beaucoup, il s’est en quelque sorte accroché à cette petite peinture, et impossible de m’en défaire.
Je suis certainement le seul à le voir (peu importe!) mais il s’agit d’une fin de manche et d’un début de main, détail d’un tableau précédent, comme un écho. Main fragmentée donc invisible. Voilà !
Ah oui et je suppose que les dimensions peuvent aider : 33x24cm

 

Zukhra Sharipova

de : Zukhra, le 14 avril :
 
Bonjour Sylvain,
 
J'espère que tu va bien. Contente d'avoir tes nouvelles et merci pour l'invitation.
Ouiiii ça m’intéresse de participer et pouvoir travailler avec toi!
 
Tiens moi au courante pour la suite,
A bientôt
Bonne journée et bon week-end
 
Zukhra Sharipova


de : Sylvain, le 9 mai :
 
RE!
bonjour Zukhra.
 
Pour le dire rapidement, je t’ai adressé cette invitation car je garde le meilleur souvenir de notre rencontre l’hiver dernier à l’occasion d’un projet dont je garde un moins bon souvenir.
 
Histoire d’entretenir ce début de relation, cette attention à ton endroit, je t’ai donc proposé de participer à cette occasion qui m’a été confiée.
 
Dans mon souvenir, tu as un travail de dessin et tu es capable de séquences filmées, entretenant avec ces deux médiums une problématique engagée autour de notions telles que l’espace prive/public, l’identité privée/publique mais ce genre d’appréciation c’est toujours réducteur et je te prie d’accepter (déjà) mes plus plates excuses…
 
S’agissant de l’événement auquel je t’invite, je ne crois pas tellement possible d’y montrer des films ou des vidéos (mais d’en réaliser, pourquoi pas?) parce qu’il devrait s’agir d’un moment “social” assez peu propice au gel des activités fut-ce au profit d’une projection.
Je dis ça mais la question va se poser pour différentes lecture ou interventions voire performances; que je distingue d’une projection parce que je considère que ce type d’intervenition (une lecture, par exemple) dès lors qu’elle n’a recours à aucun dispositif particulièrement technicisé se trouve affranchie d’une partie du protocole qui permet la “mise en spectacle” et donc d’assez plein pied dans le réel (si j’ose dire).
 
Néanmoins : il n’est pas question d’interdire quoi que ce soit, et je demeure on ne peut plus attentif aux propositions qui seront les tiennes!

de : Sylvain, le 9 mai :

Bonjour Zukhra!
merci pour ton message …
Je dois avouer que je suis assez impressionné par le Tapis de Prière. Evidemment, je suis attentif au “sanctuaire mobile” qu’il constitue, cela me fait bien sùr penser à des questions relatives aux lieux d’expositions; mais plus que cela : il ne s’agit pas d’une fiction (il “marche” certainement) et tu as engagé ta responsabilité personnelle à l’endroit de celui qui t’en a confié la garde.
Tout ça me rend ce tapis assez “intense”. 
J’ai le souvenir d’en avoir vu “en vrai”, de ces tapis, mais comme je suis un peu ethnocentré, je ne crois pas en avoir jamais vu d’aussi vrai, et me demande si je connais aujourd’hui un objet symbolique plus dangereux. Je parle bien sûr d’objet symbolique, et n’envisage le danger que de manière symbolique également : l’engagement que tu as pris vis-à-vis de cet objet étant extraordinairement fragile.
donc oui : le tapis de prière m’impressionne beaucoup, et certainement pas de façon anecdotique.
La question que je me pose, évidemment, c’est de savoir : si tu devais le montrer, comment t’y prendrais-tu? Déployé au sol, correctement orienté?
 
La première proposition, celle des photographies, m’intéresse également; mais celle du tapis m’apparaît tellement vertigineuse que … je voudrais trouver une autre occasion de montrer les photographies.
 
Donc, si cela te convient, il me semble que l’on devrait travailler à ce Tapis de Prière.
 
Par ailleurs,
OUI! 
Je serais très honoré de voir ensemble la question du film ou de l’enregistrement vidéo que tu pourrais faire de ce si court événement.
 
Est-ce qu’on peut en parler avant le premier juin?
 
Merci!
Rahmat!


de : Zukhra, le 9 mai :

Finalement j’ai mis 4 propositions de mes travaux artistique.
 
Oui on peut se voir pour en parler s’il faut. Je peut lundi 15 mai à 13h30- 14h vers Gare de Colombes ou Gare du Stade (si jamais ça l'arrange plus vers la bas), ou bien sur Paris à 14h-14h30. Sinon mardi 16 et mercredi 17 mai j’ai une pause au travail entre 12h et 15h30.
Je m’excuse pour ma disponibilité assez compliqué, j’ai deux travail jusqu’à 1juin qui me laisse très très peu de temps pour moi.
 
Contente que ça te plait,
J’ai 2 idées de présentation pour le tapis: 
je pense de le mettre au sol comme on mets pour faire la prière en respectant la direction de la Mecque,
soit le protégeant comme un objet sacré en le mettant au sol mais sur une boite (je ne sais pas comment l’expliquer en français, je te mets la photo) qui le soulève en peu du sol toujours en respectant la direction de la Mecque.
 
Rahmat à toi aussi:)

de : Sylvain, le 9 mai
 
déployer ce tapis sur un socle ce serait dommage…

de :  Zukhra le 16 mai
 
Je suis d'accord avec toi!

 

de : Sylvain, le 17 mai
 
bien chère Zukhra,
 
j’ai repensé à la question du tapis, persistant à m’interroger ce qu’il convenait d’en faire.
 
Nous parlons ici d’un Sajada ou Musallah en Arabe, d’un Janamaz en persan, ou Seccade en Turc.
 
Pour avancer dans ce questionnement, j’ai pris mon téléphone pour entendre une vieille et très chère amie de confession musulmane et lui ai posé le problème en ces termes (ou à peu-près) :
que convient-il de faire d’un tapis de prière lorsqu’il n’est pas en usage?
Je garde à l’esprit deux choses :
la confiance qui t’a été remise avec ce tapis,
l’objet liturgique dont il s’agit (ses qualités symboliques et spirituellement performatives).
La question que j’ai posée était celle de savoir quelle est la position de “repos” d’un tel tapis, lorsqu’il n’est pas “actif”, c’est-à-dire en usage.
 
Et la réponse qui m’a été faite est en fait toute simple : en position de “repos”, un tapis de prière doit être rangé.
Rangé c’est-à-dire mis à l’abri de la poussière et de toute forme de souillure : il n’est pas question de circuler dessus, ni de l’utiliser à d’autre fins.
 
Pour ranger ses tapis (elle en a trois, un pour chaque membre de la famille je suppose), mon amie les plie (en trois ou en quatre) pour les ranger à plat dans un placard : à l’abri, donc, de la poussière et des souillures, et en hauteur, donc. 
Cette amie m’a également indiqué que l’usage consistant à rouler ces tapis pour les ranger n’était courant que dans le désert pour des croyants qui se déplacent à dos de chameau.
 
Je rappelle trois choses qui figurent dans ton texte :
ce tapis est une relique : c’est le deuxième tapis de celui qui te l’a confié.
replier un coin du tapis suffit à le “protéger”.
il est inconvenant de déployer le tapis en présence de figurations.
En l’état, j’ai le sentiment qu’il n’est pas nécessaire que l’on voit ce tapis pour qu’il soit dans l’espace (d’exposition, qui n’est pas un lieu de culte). Après cette petite enquête, j’ai le sentiment que ce tapis devrait être “exposé” rangé dans un placard, à une hauteur accessible par des adultes seulement.
Je ne crois pas qu’il puisse être l’objet de démonstrations (genre : je le déploie pour bien te montrer qu’il existe), mais qu’il pourrait être exposé dans un rapport qui serait celui de la confiance plutôt que celui de l’accrochage ou du déploiement.
 
Possible que ce soit assez frustrant du point de vue du spectacle (il n’y a rien à voir); possible que ce soit enrichissant du point de vue des relations humaines (il faut me croire : “il” est là).
 
Je ne suis pas tellement croyant, et je fais de mon mieux pour résister aux superstitions. 
Je m’intéresse d’assez près à l’art de l’exposition comme aux attentions et aux gestes des artistes. 
Je trouve assez intéressant d’obtenir une situation d’exposition dans laquelle il ne s’agirait pas d’une oeuvre invisible ou immatérielle (je pense par exemple à une pièce de Robert Barry qui consiste à diffuser des ondes imperceptibles dans l’espace d’exposition), mais d’une oeuvre qui, remisée à la place qu’il convient, résiste au spectacle de son accrochage (et je pense ici au Boeuf Ecorché de Chaim Soutine).
Ce qui fait “l’épaisseur” de ce tapis, c’est la marque de confiance qui t’a été faite par ce migrant. Avoir le tapis, rangé, dans l’exposition, permet sans doute de faire circuler ce rapport particulier cette fois-ci entre l’artiste (que tu es), le commissaire (que j’assume d’être) et le visiteur.
Attention : “rangé”, n’est pas “caché”.
 
L’information de cette présence discrète (pour reprendre le titre d’une exposition datant du milieu des années quatrevingt) peut sans doute être relayée par les supports d’information (listes de participants, listes d’oeuvres, notices …) que ce document constitue déjà.
 
à te lire,
Sylvain

 

De : Zukhra, le 17 mai
 
Sylvain : il s’agit bien d’un lieu, pas seulement d’un objet.
Est-ce qu’il manque la fin de ton message (mise en caractères gras)?
 
Zukhra: oui désolée j'ai pas pu terminer ma réponse.
 
Je viens de lire ton message et je suis très touchée par ce que tu m'a écris. 
Dans ma langue le tapis de prière on appel “ Joy Namoz ” - le lieu de prière. 
Chez moi aussi on le plie à 4 et on le range dans un lieu propre quand il est en repos. 
Mais quand on fait la prière et on sait qu'on va l'utiliser plusieurs fois par jours (5 prière par jour). En ce moment on replie un coin du tapis pour le protéger des mauvaises esprits etc.
Du coup je suis d'accord avec ta proposition, c'est mieux de le ranger en pliant à 4 et l'accompagner avec le texte je pense c'est important, l'objet et le texte complète l'un l'autre.  Cette présence presque invisible parle aussi sur la discrétion de la croyance.
 
Tu pense qu'il faut que j'amène le tapis ce mardi ou il y a un autre jour pour l'accrochage des oeuvres?
 

De : Sylvain, le 21 mai
 
Bonjour Zukhra!
Je ne crois pas qu’il soit utile d’amener le tapis mardi; en revanche, ce sera l’occasion d’explorer, de discuter avec Jerôme et de décider où l’on rangera ce tapis le week-end du 10 juin.
Je suis assez admiratif du “dispositif de protection” qui consiste à replier un angle du tapis. Mais je ne crois pas qu’en l’occurence il soit pertinent : ce week-end s’avance comme un moment social …
 
Je songe assez sérieusement à compiler et brocher l’intégralité des échanges qui ont contribué à l’élaboration de cette exposition. J’imagine rassembler l’ensembel des messages échangés (sms compris) pourvu qu’ils ne concernent que le projet; de les imprimer et les rassembler comme une sorte de catalogue dans lequel les une et les autres pourraient poursuivre à rebours leur découverte de ce moment de travail, voire découvrir (dans le cas présent) et même comprendre les cheminements qui ont été ceux auxquels nous ont conduit les oeuvres.
S’agissant de ta “partie”, la notice qui se rapporte au tapis est déjà intégrée à nos échanges et se retrouverait donc dans la publication.
Je préfère d’ailleurs ce format : un format “global”, finalement, plutôt qu’une fiche isolé renvoyant, pour le coup, à une présence invisible.
 
Pour la plaisanterie, si c’en est une, le projet rassemble à ce jour trois oeuvres que l’on ne voit pas. Je te rassure : elles ne remplissent pas les placards et réclament des “conditions de résistance à l’exposition” différentes, mais je trouve ça assez amusant …
 
Mardi nous irons donc explorer les placards de l’ami Jérôme ...

 

 

Aude Sorgato

de : Sylvain, le 26 avril
 
Aude est mon épouse. 
Le MOMA l’ignore encore mais je sais qu’elle est une très grande artiste. 
C’est pourquoi je lui ai proposé de participer à cet événement.
J’ai le privilège de pouvoir faire ça …
 
Je vous rassure : je n’ai pas invité TOUTE ma famille simplement parce que c’est ma famille,
mais presque ...


de : Sylvain, le 21 mai
 

Je sais, enfin, je crois savoir ce que Aude “fait” là.
J’ai bien sûr une place privilégiée pour le savoir : un poste d’observation exclusif depuis lequel je vous rapporte la démonstration éclairante qu’apporte sa présence.
Aude vit et travaille, comme on dit en tête des documents qui cherchent la conformité.
Aude Travaille : elle se lève le matin et rentre le soir de journées durant lesquelles elle aura échangé sa force de travail, un peu d’opiniâtreté, des bribes d’une expertise acquise au cours de longues années, une patience courtoise, des attentions … tout ce bel ensemble contre la menue monnaie qui permettra, à l’aune du vocabulaire suranné d’une économie acharnée, de vivre.
 
Aude vit de son travail, mais n’a pas la télé. Aude vit de son travail mais, poursuivant la doxa socialiste : huit heures de travail - huit heures d’études - huit heures de repos, Aude participe à la révolution du cognitariat en utilisant son temps de repos comme un temps de créativité.
 
Bon, vous aurez fait vous-même l’ajustement des variables qui passaient là et intégré les désintégrateurs d’espaces de liberté que sont le temps passé en transports, celui à étendre la lessive et j’en passe.
N’empêche : chaque fois qu’Aude à un interstice de liberté, elle en fait un moment de créativité.
Cette créativité s’exprime dans des domaines assez divers, qui vont de la pâtisserie à la couture en passant par du jardinage, un peu de calligraphie, un autre peu de peinture, des activités associatives, d’irrésistibles sourires, et tout un ensemble de choix qui tendent à mettre à l’épreuve le marché contre la raison.
 
Aude est très créative.
Je ne crois pas l’avoir jamais entendue réclamer ou se réclamer de l’ordre particulier ni du statut tellement enviable d’artiste.
Je ne l’ai jamais entendue faire l’avance d’un axe théorique développé en quelques nappes programmatiques qui verraient le développement de son oeuvre, mais je sais qu’il y n’y a quasiment aucun de ses gestes qui ne soit les conséquences d’une volonté de relation esthétique au monde. 

 

de : Sylvain, le 21 mai

Tout ce qu’ Aude fait est réel.
 
Cette attitude me rappelle que parmi les choses qui m’intéressent et qui touchent à l’art; parmi les choses que la construction de ce projet d’exposition La Main Invisible porte il y a la question de ce qui fait un auteur, qui m’intéresse davantage que celle de l’artiste.
Des artistes aujourd’hui il y en a beaucoup (autour de 50 000 en france, selon les instituts de comptage) et il s’est installé dans ce même état quantité d’experts nommés tout exprès pour dire qui en sera et qui n’en sera pas. Je peux pas dire que cette situation aille en s’améliorant : imaginez que pour une vocation qui serait née à la toute fin des années quatrevingt-dix, le cliquet rouillé qui retient le câble tendu aux fourches claudines du Panthéon est maintenant dans la main très sûre d’Ami Barak.
Artiste ça ne se décide pas. Artiste c’est un statut accordé par un ensemble de décideurs, souvent publics, qui ne le sont eux-mêmes pas.
Artiste ça se maintient. Soit dans le cadre rassurant de la classe moyenne que garantit un élégant statut d’académicien sommeillant dans une académie, soit en assumant l’énoncé de prestations distrayantes à l’occasion d’événements auxquels des masses dévotes se rendront précisément au titre et sur leur temps de loisirs sinon d’étude ce qui nous permettra de faire l’économie de leur créativité.
 
Auteur, c’est différent. Le nom renvoie directement à l’oeuvre, à l’engagement passé avec l’oeuvre; et le même nom n’est relié à aucune discipline en particulier. Le nom d’auteur indique l’éthique d’une relation. Auteur c’est une responsabilité, assumée. Auteur ça n’oblige à produire aucun objet spécifique ou spécifiquement destiné. Auteur c’est le statut que s’attribue quiconque décide et fait l’avance d’une forme.
Auteur est une notion universelle qui peut apparaître et survivre sans la nécessité d’un socle ni d’une place pavée. Auteur on l’est par décision individuelle, et ces deux notions : l’universalité et l’individualité, font de ce titre une assez enviable extension du jugement de beauté kantien.
La société contemporaine, juchée sur les épaules des géants de son histoire, devrait être une société d’auteurs. Pas une société de pantins ni de laquais, une société d’auteurs. Une société d’individus à puissance égale, à puissance equale, réalisant l’universalité par la production de formes désintéressées.
 
La vache (comme dirait Charles), c’était aussi simple que ça.

Ce qui me ravit, c’est que ce soit Aude qui, à chaque geste, m’en donne la preuve.

 

Sylvain Sorgato

de : Florent, le 9 mai
 
Cher S.
Toi qui écris en rouge sur les murs, ne pourrais-tu pas faire des “faux” cartels ?
Ouiiiii je sais tu n’aimes pas cela !!! 
Xxx


de : Sylvain, le 9 mai
 
merci pour la suggestion mais :
- j’ai, comme tu le dis, assez peu de sympathie pour les cartels.
- cet événement n’étant pas une oeuvre de Sorgato, je ne la signerai pas.
et :
merci d’animer ma page!
ça me conduit à indiquer que je pense montrer à l’occasion de La Main Invisible au moins un dessin de la série Namedropping, sans doute un de ceux réalisés sous la forme d’un Mashup et dont je suis tellement fier puisque fraîchement dessiné le week-end dernier …

Namedropping, 2017
marqueur acrylique sur bristol 250 grammes

encadré, 68 x 53 cm

ce dessin accompagne le travail entrepris et que constitue aujourd’hui l’inventaire documenté des 378 acheteurs d’oeuvres d’art qui font l’activité mondiale du marché de l’art contemporain.
Pour ceux que cela amuse, les notices les concernant sont accompagnés de pseudo-peintures telles que celle-ci (d’actualité) :

ou celle-là :

et devraient être compilées dans un livres en quatre volumes auto-édités disponibles sur commande à partir de cet été je suppose (plus que 48 dessins avant l’impression et le brochage!).

 

Jean-Marc Thommen

de : Jean-Marc, le 8 avril
 
Salut Sylvain,
Tu peux compter sur une de mes pièces (un dessin sans doute). Avec plaisir!


de : Sylvain, le 22 avril
 
Jean-Marc fait partie de ces gens sérieux qui ont des sites à jour et tout et tout …

de : Jean-Marc, le 26 avril :

Merci encore Sylvain pour cette invitation….j’imagine te confier 2 ou 3 dessins de cette série (52x42cm chaque)....

Pour ce qui est de mon site, il est au contraire très superficiel et date de plusieurs années…
Bien à toi

PS: J’ai relu ta très belle note d’intention et je retiens entre autre une expression de ta part qui ferait un beau titre à cet événement: “La main invisible”

de : Sylvain, le 26 avril

Hou! les belles propositions.
des dessins, comme des fleurs, j’en prendrai volontiers un nombre impair. Et comme disait De la Soul quand j’étais jeune (???) : Three is the Magic Number 
 
ensuite,
c’est la troisième fois que je lis (donc relis) Economix, le bel ouvrage de Michael Goodwin (le bien nommé), et que je recommande vivement (aux amis, c’est vous dire les qualités que j’accorde à l’ouvrage) :
 
Je n’ai pas encore arrêté ce que sera le titre de l’événement (admettons que c’est ma prérogative, sinon ma responsabilité); et Jean-Marc me fait cette très jolie proposition :
 
La Main Invisible
 
le rapport avec les lignes précédentes c’est qu’il s’agit d’une citation d’Adam Smith, et qu’Adam Smith est une énorme figure de l’histoire de l’économie.

pour le détail économique (selon Goodwin) :

Une interprétation rapide de la citation voudrait que l’on y entende que 
“la « main invisible » serait une métaphore par laquelle Smith signifierait que les marchés sont autorégulateurs et conduiraient à l'harmonie sociale.”
Les individus agissent (économiquement) selon leur propre intérêt, et la somme de ces actions génère un ordre économique harmonieux. 
Cette proposition, bien que datant des lumières, à donné lieu à une appropriation un peu éhontée de la part des tenants du libéralisme économique pour fournir une justification poétique à l’autorégulation des marchés et à l’évacuation pure et simple de l’état comme acteur ou agent régulateur.
 
Si cette proposition “rings a bell” chez moi, c’est pas seulement parce que nous sommes en période d’élections avec un économiste possiblement chevronné mais en tous cas très économiste au deuxième tour, mais également parce que je garde toujours une place au chaud à la citation de joseph Beuys selon laquelle “il faut séparer les entreprises de l’esprit de la tutelle des états”. (pris dans un entretien dont je ne retrouve pas la source).
 
Beuys est influencé par Rudolf Steiner, le créateur de l’anthroposophie qui met en évidence la confiance absolue en la faculté cognitive de l’être humain. Sa volonté de mobilisation des énergies spirituelles englouties par la Première Guerre mondiale qui s’exprime dans L’appel au peuple allemand et au monde civilisé (1919) impressionne Beuys. Le vœu de Steiner était de briser la toute-puissance de l’Etat en le séparant de l’économie et de la culture – le rôle de l’Etat n’étant que de protéger le citoyen –, art, science, religion et éducation s’enracinant dans le principe de liberté. 
https://josephbeuysfanclub.wordpress.com/une-introduction-a-loeuvre-de-beuys-2/
 
Je m’intéresse depuis quelque temps à des initiatives qui, justement, laisseraient les entreprises nationales artistiques, celles de l’état, à des ambitions impérialistes (sur le modèle étasunien qui a soutenu l’art Américain depuis les années cinquante), et se concentreraient sur des initiatives dont les artistes seraient les auteurs et les animateurs.
Je me crois à une époque où les structures de l’état (français, pour le coup) ont engendré une activité artistique paternaliste extrêmement codifiée qui n’a finalement fait (presque) que servir de légitimation à une activité qui a largement dérivé vers le spectacle au profit d’initiatives privées que je pourrais même accuser d’être antisociales mais j’y arrive mieux à l’oral et je vais pas m’éterniser.
En gros : je ne suis pas certain que l’autorité de l’état sur les artistes produise un réel bénéfice artistique.
Dont acte(s) : vous m’avez (peut-être) vu (ou aperçu) frayant avec des projets privilégiant la cooptation (d’artiste à artiste), visant à des modèles coopératifs, et fondés sur un critère de détermination et de liberté individuelle d’expression portés par des auteurs (et non pas par des prestataires).
Ces notions, pour approximative qu’en puisse être mon expression, je les retrouve dans NOPOTO, comme je les trouvais dans le Bar du Marché, les Livres d’Artistes, un peu dans la façon que j’ai de travailler à l’hôtel Elysées Mermoz et sans doute dans les lignes de la note d’intention de ce projet, qui a donc de très fortes chances de se voir titrer :
 
La Main Invisible
 
Merci Jean-Marc!
 
Merci à toi Sylvain pour cette argumentation passionnante!

 

Emmanuelle Villard

de : Emmanuelle, le 8 avril
 
Cher Sylvain,
 
Merci pour cette nouvelle et joyeuse invitation !
Cela me donne l’occasion de t’écrire, car comme tu le dis si bien, le temps file file et en plus, je manque un peu de répondant en ce moment… (private)
Bref, oui, je te confie avec grand plaisir un petit tableau (environ 18 x 20 cm) des plus chers à mon coeur car il fait parti de la série qui a fait de moi une «vraie artiste », série qui est advenue suite à un accident de la circulation qui m’a laissée bien commotionnée pendant plus d’un an, état qui ne me permettait pas de faire grand chose à part les dits petits tableaux. Le moment où l’art et la vie se rencontrent...
Here a picture :

de : Emmanuelle, le 13 mai :
 

Hello Sylvain,
 
Voici le tableau que je remonte avec moi à Paris pour l’exposition :

N°106.382, 201
peinture, gel acrylique et paillettes sur toile, 16 x 20 cm

de : Sylvain, le 22 avril
 
trop content de cette belle réponse …


de : Sylvain, le 19 mai
 
hier, à neuf heures trente, j’avais rendez-vous avec Emmanuelle à l’Européen, en face de la gare de Lyon.
Je le précise parce que la brasserie que j’aimais tellement a beaucoup perdu : les clients y parlent fort au téléphone, le service y est trop ostensiblement amical et j’y ai trouvé une odeur mélangée de détergent et de marée qui m’a fait croire au pire s’agissant du boulevard Diderot. Fini l’Européen, 

prochain coup j’essaie les Deux Savoies.
 
Emmanuelle était parfaitement à l’heure, et, en terrasse, je lui ai fumé la moitié de son paquet de cigarettes en bavardant puis suis reparti avec, sous le bras, le très précieux tableau dans sa boîte dédiée ...

 

oeuvres exposées

Florent Audoye

Déclaration en vue de l'immatriculation des artistes auteurs, 2016
Dessin au pigment liner noir sur document cerfa n°60-3534 
29,7 x 21 cm, pièce unique

Typologie d’un constat d’état d’oeuvre, 2017
Performance-comique en deux actions sur deux jours
Action 1. Constat d’état et accrochage (samedi 10 juin 2017 à 16h)
Action 2. Décrochage et constat d’état (dimanche 11 juin 2017 à 19h)
  
Vassili Balatsos

Genova, 1990
photomaton couleur, 11 x 9 cm
provenance : galerie VivoEquidem, Paris

Amsterdam, 23/07/1990
photomaton couleur, 11 x 9 cm

provenance : galerie VivoEquidem, Paris

Nice, 1988
photomaton couleur, 11 x 9 cm
provenance : galerie VivoEquidem, Paris


Jérôme Borel
 
La Belle Absente
Note d’intentions, format A4
 
Martin Bourdanove 

BAZAR 186 x 300, 2013, réactualisation 2017
ruban adhésif noir

 
Olivier Breuil
 
Two Bruise Paintings, 2014
Peinture aérosol sur papier, format A4

 Denis Brun

 OletSpiritusLuctus, 2017
fichier audio converti en MP3, 13:06

NewComerFreedom, 2016
fichier audio converti en MP3, 04:02

 Ant City Resolution, 2016
fichier audio converti en MP3, 03:11

Find the Dragon, 2015
Impression jet d’encre crayon et collage, 32 x 30 cm

 
Alexandre Callay

Sans Titre, 2017
Quatre envois postaux, dimensions variables
Coll. Part., Paris


Christophe Cuzin

Pas Assez, réactualisation 2017 
peinture murale, acrylique

 
Jean-François Demeure
 
Sans Titre, 2017
carte offset rose fluo piquetée et accessoire pelucheux

cadre à hausse blanc 53 x 68 cm
  
Léa Eouzan
 
Neyret 3/5, 2009
tirage photographique (épreuve d’exposition)

cadre à hausse blanc

52 x 62 cm

Coll. Part., Paris
  
Alexandre Erre
 
Voilà ce que nous avions, voilà ce que tu nous laisses, 2017
enregistrement vidéo 12’24”, audio

 
le Radeau de la Joie, 2017
enregistrement vidéo 12’55”, audio
 

Isabelle Ferreira
 
Instrument de soustraction, 2013-2017
Acier, cuir, 14,5 x 32 x 3 cm
 

Pierre Fraenkel
 
Les Mots Menthe, 2011
tirage photographique (épreuve d’exposition)

cadre à hausse blanc  52 x 62 cm

Monet, Monet, Monet, 2011
tirage photographique (épreuve d’exposition)

cadre à hausse blanc  52 x 62 cm
Coll. Part., Paris


 la Furieuse Company

La Furieuse Company Vous Parle, 2017
Affiche taguée, 100 x 50 cm
 

Louis Gary
 
la Joie de Vivre, 2017
sculpture polychrome suspendue au mur
45 x 65 x 55 cm, laque glycérophtalique, plâtre, colle à carrelage, polystyrène.
 
Christian Giordano
 
Blancs de Musées, réactualisation 2017 
Vingt-six toiles tendues sur châssis, 30 x 30 cm chaque, présentées en pile; et une toile tendue sur châssis de mêmes dimensions peinte avec le blanc en usage sur le lieu d’exposition et accrochée

 
Christoph Hinterhuber
 
MONO HOLE (AV HD edit), 2016
enregistrement vidéo .mov, 01’56”, lecture en boucle, audio.
 
Corinne Laroche
 
Rose sur jaune - 07/08/2015
Pointe feutre sur papier buvard, 19,8 x 25,8 cm (encadré)
  
Gwendal Légo
 
Fragment 08 sur 101 formant la collection de l’Ermitage, 2017
dimension: 43 x 48 cm
 
Julien Lévy
 
série : Watercoloured Disasters
Sans Titre (éruption, Costa Rica 1), 2015
aquarelle et graphite sur papier 20 x 30 cm

Sans Titre V.1. Série spéciale n°2, 2015
aquarelle et graphite sur papier 31 x 41 cm
Coll. Part. Paris

Voiture en Flammes #1. V.2. Série spéciale, 2015
aquarelle et graphite sur papier 13 x 20 cm
Coll. Part. Paris

Voiture en Flammes #2. V.2. Série spéciale, 2015
aquarelle et graphite sur papier 16 x 25,5 cm
Coll. Part. Paris

 
Stephen Loye

 

Huit coloriages sur Papier, 2017
Dimensions variables


 Amélie Lucas-Gary
 
samedi 10 juin à 17 heures 
Amélie Lucas-Gary donnera la lecture d’une extrait de :
Vierge
Roman, 2017, Seuil, collection fiction & Cie.

dimanche 11 juin à 18 heures 
Amélie Lucas-Gary donnera la lecture d’une extrait de :
Vierge
Roman, 2017, Seuil, collection fiction & Cie.
 
Oscar Malessène
 
Oeuvre Prête à Peindre et à Toucher, 2017
contreplaqué apprêté et ficelle, 13 x 18,5 cm
 
Cyrille Martin
 
Sans titre, 2016  
Bois, peinture à l’huile, céramique. 20 x 28 cm

Sans titre (Western 1), 2016
Bois, peinture à l’huile. 20 x 33 cm


Vincent Mesaros
 
Monstre, cheveux (siamois), 2016
Encre de chine sur papier, 130 / 160 cm
 
Miquel Mont
 
Méphédrones, 2017
 
Television Friction, 2017
 
technique mixte, assemblage et encadrement en aluminium
40 x 30 cm chaque
 
Edith Msika

 Du moindre effort (matériau pour une plaidoirie et un epsilon), 2017
Impression jet d’encre sur Arches A3 120 grammes encadré

 
 P.O.BOX

The Drive to Fame, 2014
Vidéo clip, sonore, 01’44 ‘’, Guerilla Asso & Long Beach Records Europe


Jean Rault
 
Pédelle, réactualisation 2017 
ensemble de cartes postales reproduisant des photographies de l’auteur
 

Magali Sanheira
 
Huis clos instrument / “Float behind closed doors with dead body on sight”, 2014
Plateau en bois, miroir, coquillage et hauts-parleurs suspendus, dimensions variables

 
Julie Savoye
 
Grille #01 2017
Mine de plomb, 450 x 450 cm
 

Timothée Schelstraete

Unnamed, 2017
Peinture à l’huile sur toile, 33 x 24 cm


Zukhra Sharipova
 
Tapis de Prière, 2016
120 x 65 cm, plié en quatre et rangé dans un placard
 
Aude Sorgato
 
Sans Titre, 2006 -
peinture acrylique sur papier et ruban de raffia, 1m x 10m
 
 
Sylvain Sorgato

Namedropping, 2017 
marqueur acrylique sur bristol 250 grammes, encadré, 68 x 53 cm

Namedropping, 2017 
marqueur acrylique sur bristol 250 grammes, encadré, 76 x 51 cm

 
Jean-Marc Thommen
 
Série Trois points, 2017
cinq dessins encadrés (bois laqué blanc), Technique mixte sur papier, 48 x 36 cm chaque
 
Emmanuelle Villard


n° 106.382, 2017
technique mixte sur toile tendue sur châssis, 16 x 22 cm
Coll. Part., Paris

 

 

Remerciements :


Jérôme Borel pour son accueil, son sourire, sa bienveillante complicité, et son inégalable talent à constituer des buffets de vernissage.

Alexandre Erre et Léa Eouzan pour les précieuses propositions graphiques

Magali Sanheira pour la bonne idée de l’apéro du 23 mai

Max Torregrossa et La Galerie Vivo Equidem pour m’avoir prêté les photomatons de Vassili Balatsos

Marine Provost pour sa réactualisation de Pas Assez

Mickaël Goodwin pour son ouvrage : Economix

 

 

Jérôme Borel et la Belle Absente présentent
La Main Invisible
sur une idée de Sylvain Sorgato


samedi 10 juin de 16h à 22h
dimanche 11 juin de 14h à 19h
184, rue de Crimée 75019 Paris

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