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SYLVAIN SORGATO
KAIROS

Kaïros is a collective of visual artists
acting in public space
with some consideration for the climate

L’exposé présente les rôles et les responsabilités des personnels techniques  qui servent les œuvres et les expositions. 
J' y parle de ceux qui fabriquent, construisent, réalisent les expositions au  service des artistes et des commissaires d’exposition.
Pour ce faire, je m'appuie s’appuie sur ce qu’a pu être mon service aux œuvres et aux  expositions depuis 1988.

Si j’ai fait et si je fais encore ce travail de monteur, d’assistant ou de régisseur pour  l’art contemporain, c’est en premier lieu parce que l’art m’intéresse. Et la meilleure  façon que j’ai trouvé de m’intéresser à l’art c’est de me tenir au plus près de l’acte  artistique.
La technique m’intéresse uniquement comme un instrument au service au projets. 
Mon travail consiste à proposer une ou plusieurs réponses techniques pertinentes à  une intention énoncée, à un projet déclaré.
Il m’est donc indispensable qu’il y ait un auteur, qu’il s’agisse des œuvres ou de l’exposition, d’un artiste ou d’un commissaire, faute de quoi il me semble difficile de  parler à priori d’art et à fortiori d’oeuvres.

 

J’ai pu participer depuis 1988 au montage d’un certain nombre d’expositions et à la  réalisation d’un certain nombre d’œuvres, et cela m’a permis de construire un point  de vue singulier sur l’activité artistique telle qu’elle se développe depuis le milieu  des années quatrevingt en France.


Je tiens l’exposition pour un mode d’expression spécifique, employant un vocabulaire spécifique. 
L’art de l’exposition est celui de la disposition d’un certain nombre d’objets dans un  espace afin de produire une expérience singulière de l’expression du sens.

I - L'exposition

Fred Sandback, Four Parts Construction.jpg

Fred Sandback (1943-2003)

Four Parts Construction

installation en cours, 2011, collection privée

La sélection, personnelle, des expositions citées ici, vaut pour ce qu’à mon sens elles  peuvent indiquer de l’histoire récente des expositions de l’art contemporain.
J’ai eu le privilège de servir les expositions suivies d’une astérisque.

sept expositions remarquables : 

  • When attitudes become form : live in your head, Bâle 1969

  • Chambres d'amis, Gand, 1986

  • Les magiciens de la terre, Paris, 1989

  • Konstrukcja w procesie, Łódź, 1990*

  • No man's time, Nice, 1991*

  • Passions privées, Paris 1995*

  • L'intime, le collectionneur derrière la porte, Paris, 2004

When attitudes...

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Harald Szeeman (1933-2005) devant la Kunsthalle de Berne, Suisse en mars 1969
photo : Balthazar Burckhardt

Figure emblématique et persistante du commissaire d’expositions de l’art  contemporain, on doit à Harald Szeeman la plupart des modèles d’exposition d’art  contemporain en vigueur aujourd’hui, ainsi que l’ouverture à des thèmes encore en  usage.

... become form, live in your head

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Joseph Beuys installant Fettecke en mars 1969
photo : Balthazar Burckhardt

Harald Szeeman établit notamment  que l’espace d’exposition puisse être envisagé  comme une continuité de l’atelier.
Avant d’être le lieu de la contemplation, la salle d’exposition peut être un lieu de  travail.
Les expositions sont une occasion de travail pour les artistes, qui leur permettent de  réaliser des œuvres spécifiques et ponctuelles.
Cette approche se distingue d’une autre qui voudrait produire le rassemblement  thématique d’œuvres existantes.

Chambres d'amis

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Daniel Buren
Le Décor et son double, 1986
papier peint à rayures blanches et fuschia, dimensions variables
exposition : Chambres d’amis, domicile d’Annick et Anton Herbert, Gand, Belgique; commissaire : Jan Hoet

Jan Hoet sort l’exposition des lieux qui lui sont traditionnellement dédiés. 
Pour Chambres d’Amis , il installe les œuvres dans des environnements « réels », puis  leur double dans des lieux de présentation traditionnels des œuvres.

Chambres d'amis

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Daniel Buren
Le Décor et son double, 1986
papier peint à rayures verticales blanches et fuschia, dimensions variables
exposition : Chambres d’amis, S.M.A.K., Gand, Belgique; commissaire : Jan Hoet

L’exposition muséale était le calque de la situation produite dans l’habitation. 
Comme un rappel de la citation due à Robert Filliou qui disait : l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art  (1973). 
L’art, en tant que vécu, compte au moins autant que l’art en tant que production  officiellement artistique.
Jan Hoet affirme le lieu d’exposition comme celui de la représentation, entretenant  une ambigüité avec le réel.

Les magiciens de la terre

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Richard Long : Red earth circle, 1989
Collectif : Yam Dreaming, 1989 (au sol) 
Esther Mahlangu : (titre et date inconnus)
Grande Halle de la Vilette et centre Georges Pompidou, Paris, été 1989; commissaire : Jean-Hubert Martin

Jean-Hubert Martin élargit encore le cadre de ce qui est acceptable comme art. 
Jean-Hubert Martin entretient une sensibilité particulière de l’époque en puisant  dans ce que l’on nommait le « World Art » qu’il fait voisiner avec des références de  l’art contemporain.
L’exposition panache des formes exotiques entre elles pour réintroduire de  l’émerveillement dans des espaces que les années soixante-dix et quatrevingt  avaient considérablement »refroidi ».

Konstrukcja w procesie

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Karin Sander
White Passageway, 1990
réhabilitation d’un passage existant
exposition : Contruction in Process III, Lodz, Pologne, automne 1990

Troisième édition d’une exposition en actes. 
Son énoncé précise que les artistes invités doivent réaliser sur place des œuvres  spécifiques. 
Cette contrainte est portée par le contexte particulier de ces événements qui ont eu  lieu successivement à Lodz, à Munich et à Lodz.
Contexte qui s’exprime par les pressions politiques et économiques exercées sur les  artistes concernés comme sur le commissariat général de l’exposition par le pouvoir  en place à l’époque.
L’épopée de Konstrukcja w Procesie débute pendant la guerre froide et se termine  après la chute du mur de Berlin.

No man's time

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Philippe Parreno
No More Reality, 1991
peinture acrylique sur panneaux, 180 x 200 cm
exposition : No Man’s Time, villa arson, Nice, été 1991

Cette exposition introduit une génération d’artistes qui vient succéder à celle, en  France, représentée notamment par Ange Leccia et Jean-Luc Vilmouth.
Avec cette exposition, Eric Troncy affirme un projet esthétique fondé sur une avant- garde jeuniste et « pop » qui sera développée par Nicolas Bourriaud au titre de l’Esthétique Relationelle .

(parenthèse)

Sonic Youth : Evol, SST records, 1986
Photo : Richard Kern, image extraite du film Submit to Me, 1986
Bret Easton Ellis : American Psycho, roman, première édition : Vitntage Books, New-York, 1991
Photo : Marshall Arisman

Au début des années quatrevingt-dix, l’esthétique Grunge et le narcissisme permis  par la finance succèdent au formalisme comme référents esthétiques de l’époque.
Il s’agit d’un mélange d’esthétique Punk et d’hyper-consumérisme occidental.
Kontrukcja W Procesie – No Man’s Time ont été des expositions conscientes de leur  environnement culturel, médiatique ou politique.

Passions privées

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Felice Varini
273, boulevard Pereire n°1, 1989
réactualisation 1995, collection du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, automne 1995

Alors que l’activité artistique semble dominée par les institutions mises en place par  le projet de décentralisation conduit par Jack Lang depuis le premier mandat de  François Mitterrand, cette exposition révèle en France le rôle et la place occupée par  les collections privées.

L'intime, le collectionneur derrière la porte

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Exposition : L’intime, le collectionneur derrière la porte
la maison rouge, Paris
5 juin - 26 septembre 2004 

L’exposition inaugurale de la maison rouge installe dans le paysage de l’activité  artistique la figure du collectionneur-mécène incarnée ici par Antoine de Galbert.
L’installation, parmi les opérateurs de l’activité artistique, de cette figure de  l’autodidacte soutient une tendance visant à l’évacuation des contenus artistiques au  profit d’événements susceptibles d’attirer le public le plus large.
L’exposition dépouille sa matrice originelle des œuvres qui s’y trouvaient, pour les  replacer dans le contexte d’un événement spectaculaire (l’inauguration de la maison  rouge).

II - Typologie des oeuvres

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Peter Bruggenhout
The Blind Leading the blind #68, 2015

Après avoir campé dans le paysage quelques expositions, je vais maintenant  déployer une typologie des œuvres telles qu’on les trouve dans les expositions,  œuvres que le service technique aura à accrocher, installer, réaliser ou réactualiser.

Le statut

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