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SYLVAIN SORGATO
30 ans de Montages (3/3)

Suite et fin de la présentation de mon parcours comme technicien au service de l'art contemporain.

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Sylvain Sorgato

Accrochage, FIAC, 2013

Alexandre Singh (1/5)

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Alexandre Singh
Plan d’accrochage pour As My Time
Réactualisation fondation Hyppocrène, juin 2013

Un deuxième artiste que j’ai pu assister, et que je n’ai pourtant que très peu vu, c’est Alexandre Singh.
Une partie du travail d’Alexandre Singh consiste à produire des portraits chinois, composés d’un certain nombre de collages encadrés et reliés entre eux par des lignes de petits points.

Alexandre Singh (2/5)

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Sylvain Sorgato
Plan d’accrochage annoté pour Alexandre Singh : Assembly Instructions / Manzoni-Klein
réactualisation au Musée Sainte-Croix des Sables d’Olonne, mars 2013

La composition de ces portraits ou thématiques répond à un dessin extrêmement précis : les positions des cadres comme celles des lignes sont exprimées en millièmes de millimètres.
C’est ce niveau de précision qui a un peu effrayé les galeristes, commissaires d’exposition ou collectionneurs, et justifié une prestation d’assistance de ma part.
Pour ces œuvres, mon premier travail consiste à convertir les valeurs d’un tableau Excel en un plan en deux dimensions utilisable en conditions d’accrochage.

Alexandre Singh (3/5)

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Sylvain Sorgato
Accrochage de The Pledge par Alexandre Singh
réactualisation, septembre 2015, S.M.A.K. Gand, Belgique

Je travaille ensuite avec deux monteurs d’exposition : un pour orienter les lasers, l’autre pour marquer les positions; monteurs auxquels je donne les valeurs successives permettant d’obtenir les repères nécessaires.
Cela donne une œuvre qui tient à la transmission répétée des informations qui la rendent possible.

Alexandre Singh (4/5)

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Sylvain Sorgato
Accrochage de The Pledge par Alexandre Singh
réactualisation, septembre 2015, S.M.A.K. Gand, Belgique

Les cadres sont ensuite reliés entre eux par des lignes de points faites au pochoir avec un crayon graphite. Ces lignes et ces points étant soumis à la même rigueur que la position des cadres qu’ils relient.

Alexandre Singh (5/5)

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Alexandre Singh

Assembly Instructions / Manzoni-Klein
réactualisation au Musée Sainte-Croix des Sables d’Olonne, mars 2013

Et voilà une partie du résultat.
Les installations d’Alexandre Singh pouvant se déployer sur plusieurs cimaises consécutives et atteindre une vingtaine de mètres.
J’ai réalisé des œuvres pour Alexandre Singh en France, en Belgique, en Allemagne, en Chine et en Australie.

Miquel Mont

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Miquel Mont

Maquette pour Plantes Sauvages Urbaines (détail)

peinture acrylique murale

commande publique, Nanterre Université

Soumises à concours, les commandes publiques sont souvent l’occasion d’un travail long et difficile pour les artistes, justifiant le recours à un assistant.
Les chantiers peuvent être longs (18 à 36 mois entre le concours et la livraison), et très techniques (dans la relation avec la maîtrise d’œuvre c’est-à-dire l’architecte ou le commanditaire du bâtiment).
Il est essentiel pour les artistes de maîtriser la réalisation technique de ces projets, mais également d’avoir une bonne maîtrise budgétaire de ces projets. 
Une commande publique peut représenter un budget important (entre 80 000 et 200 000 €) dans lequel il faudra également trouver un bénéfice significatif pour l’artiste.

Véronique Joumard : Le Halo du Mécano (étude 1/4)

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Sylvain Sorgato
Dessin préparatoire à l’installation du Le Halo du Mécano de Véronique Joumard, 2013

Sur la base d’un énoncé qui peut sembler simple et qui permet d’emporter le marché; une œuvre de commande publique peut révéler bien des complexités.
L’intention ici était d’implanter une éolienne qui alimenterait des appareils d’éclairage placés sur la façade du bâtiment et dont l’intensité varierait en fonction de la vitesse du vent.

Véronique Joumard : Le Halo du Mécano (synoptique 2/4)

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Sylvain Sorgato
Tableau synoptique de l’installation du Le Halo du Mécano de Véronique Joumard, 2014

Il faut d’abord traduire les intentions de l’artiste dans un langage technique, interprétable par l’architecte comme par le fournisseur de l’éolienne, et qui intègre les contraintes d’intégration dans le site (en construction) et de sécurité incendie.
En tant qu’assistant, il ne m’est pas demandé d’être un ingénieur en intégration de systèmes de production d’énergie renouvelables. 
Il est attendu de moi la capacité d’interpréter et de traduire des intentions artistiques, et de m’assurer qu’elles soient préservées tout au long du chantier. 
À rebours, je dois informer l’artiste des contraintes qu’impose le contexte de l’installation et d’anticiper les problèmes et adaptations nécessaires..

Véronique Joumard : Le Halo du Mécano (réalisation 3/4)

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Véronique Joumard
Le Halo du Mécano, 2015
phase de réalisation, octobre 2014

Une fois le synoptique de l’installation étudié, décrit et approuvé; il est possible de passer en phase réalisation, dans des conditions qui peuvent être rendues difficiles puisque dans le cas d’une construction comme dans celui d’une réhabilitation c’est tout le site qui est en chantier.

Véronique Joumard : Le Halo du Mécano (réalisé 4/4)

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Véronique Joumard
Le Halo du Mécano, 2015
éolienne, dorure et appareils d’éclairage

Et enfin, vient le jour où la pièce est installée et qu’elle fonctionne.

Service technique aux oeuvres et aux expositions

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Sylvain Sorgato
Manuel d’Expographie – Régie d’expositions, organigramme

Les postes de Régisseur d’Expositions et celui de Directeur Technique supposent une responsabilité plus étroite avec la structure qui reçoit l’exposition.
Dans les deux cas il s’agit de cadres, c’est-à-dire de personnels ayant à organiser et diriger des équipes ou des prestataires.
La carte heuristique dessinée ici présente la place de chaque service technique dans une chaîne théorique de responsabilités.


Nota Bene : réaliser consiste à fabriquer. Produire consiste à payer ou à réunir les moyens de la faire.

Régisseur d'expositions

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Sylvain Sorgato
Manuel d’Expographie – Régie d’expositions, organigramme

Cette nouvelle carte présente la chaîne des relations entre les opérateurs d’une exposition. 
On y trouve des personnels salariés, permanents de la structure, comme des intervenants ponctuels ou des prestataires.

John Miller : Lugubrious Game

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John Miller
Lugubrious Game, 1999
mobilier, éclairages, terre, journaux, billets de banque et jouets sexuels
Exposition personnelle : Economies Parallèles, de juin  à septembre 1999

Comme régisseur d’expositions, j’ai pu recevoir (par fax à l’époque) des instructions pour réaliser des œuvres à distance.
Si ce type de délégation ne pose plus de problèmes artistiques de nos jours, il faut également y trouver des arguments économiques :
Cela permet de n’avoir pas de frais de transport.
Ça peut être une « monnaie d’échange » : l’artiste ou la galerie récupère l’œuvre à la fin de l’exposition; charge au régisseur de réaliser une moins-value sur la fabrication de la pièce.
Nota-Bene : une moins-value c’est lorsque l’on parvient à réaliser quelque chose pour moins d’argent qu’indiqué sur le devis ou l’offre.

Mike Kelley : Testroom

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Mike Kelley (1954 – 2012)
Testroom Containing Multiple Stimuli Known to Elicit Curiosity and Manipulatory Responses , 1999
technique mixte, construction en acier et vidéo
première installation, CNAC-Magasin, Grenoble, exposition personnelle, automne 1999

Le cas de la Testroom est un peu différent : 
Cette œuvre a représenté un investissement conséquent pour Mike Kelley à la toute fin des années 90. L’intention étant de produire une œuvre aussi complexe que monumentale (600 éléments, 12 tonnes) capable de circuler sur un certain nombre de sites en Europe et d’y étoffer la stature d’un artiste que l’on prenait pour un sale gosse venu de la côte ouest.
Faute de place dans son atelier de Los Angeles, Mike Kelley et ses assistants n’ont pu faire que des assemblages partiels de cette œuvre avant de l’expédier à Grenoble où elle fût exposée pour la première fois.


Pour le régisseur, il s’est agi de documenter le plus complètement possible le premier assemblage de cette œuvre afin justement de lui donner des chances de pouvoir être ensuite montée ailleurs.
La Testroom a ensuite été montrée à Zurich au Migrosmuseum, puis est retournée à Grenoble où elle a été oubliée.

Passions Partagées

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Exposition : Passions Partagées
Art 38 – 21 collectionneurs de l’Y grenoblois
ancien Musée de Peinture, Grenoble, du 15 septembre au 31 octobre 2001

Le titre un peu ronflant de cette exposition cache une association de notables grenoblois en mal de reconnaissance sociale et qui, appuyés sur le précédent Passion Privées ont joué le jeu du désintéressement passionnel en sortant les œuvres de leurs domiciles pour les exposer au regard d’un public venu nombreux.
Si les collections témoignaient de la diversité des approches que l’art autorise, leur exposition révélait (au grand dam des galeries implantées localement) que l’essentiel des achats avaient été faits à Paris.
Pour le régisseur d’expositions, il s’agit d’une régie volante, c’est-à-dire d’un projet ponctuel, dans un lieu mis à disposition pour cet événement et pour une durée limitée. 
Le lieu est reçu nu, il fait l’objet d’un état des lieux à réception; puis il sera restitué en l’état.
Tout, absolument tout, est donc à prévoir, à fournir, puis à évacuer.

Busygoingcrazy (1/3)

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Marcel Broodthaers
Fémur d’Homme Belge, 1964–65
fémur peint, 8×47×10 cm
collection privée, photo : Nils Klinger 

 

Busygoingcrazy fur l’exposition d’une très riche collection privée, relue en trois chapitres :
- De Dada à l’Art Conceptuel
- Un ensemble d’Art Minimal
- Les acquisitions récentes


Des passerelles existent entre ces « domaines », mais c’est au travers de ce tamis que le commissaire d’exposition a écrit sa lecture de la collection.

Busygoingcrazy (2/3)

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Sylvain Sorgato
Projet d'agencement pour l'exposition Busygoingcrazy à la maison rouge

été 2006

La proposition d'agencement de la salle polygonale de la maison rouge en vue de l'exposition Busygoingcrazy était inspirée du domicile du collectionneur, qui a pour architecte Auguste Perret.

C'e'st la trame carrée d'un pas de 627 cm employée par Auguste Perret pour la reconstruction du Havre après la seconde guerre mondiale qui a servi de plan et de citation pour l'agencement de la salle polygonale. Une façon en effet de citer une oeuvre appartenant à la collection et qu'il était impossible de déplacer.

Busygoingcrazy (3/3)

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Exposition : Busygoingcrazy
la maison rouge, du 29 octobre au 14 janvier 2007
œuvres de Man Ray et Marcel Janco,

Ce dimensionnement (627 cm) a permis d'obtenir des volumes plus domestiques que monumentaux, pour des oeuvres de dimensions réduites. De situer les baies dans les encoignures a permis d'en réduire l'encombrement, de libérer les cloisons et de permettre un contrôle visuel sur toute la profondeur de la salle d'exposition.

Le Silo (1/7)

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Sylvain Sorgato
Etude pour l’installation de Basic Source par Richard Serra, 2011

En 2011 un couple de collectionneurs ouvre à Marines, près de Cergy-Pontoise, un site dédié à l’exposition de leur impressionnante collection d’art Minimal et conceptuel.
C’est l’occasion d’installer Basic Source, une sculpture de Richard Serra.
Nombre de sculptures de Richard Serra consistent dans l’installation autoportante de panneaux d’acier cortène. 
Ces éléments peuvent être de plus ou moins grandes dimensions mais sont toujours très lourds. 
Basic Source est une sculpture de dimensions modestes par rapport à ce que l’on peut trouver dans le catalogue raisonné de richard Serra, mais son poids total avoisine les 1 500 kilos ce qui est pas mal pour deux panneaux simplement posés en équilibre.

Le Silo (2/7)

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Sylvain Sorgato
Installation de Basic Source par Richard Serra, mai 2011

Installer une telle sculpture réclame donc de travailler avec un prestataire spécialisé dans le levage afin de se donner quelques chances de faisabilité et d’assurer un maximum de sécurité.
L’installation d’une telle sculpture demeurant assez atypique, y compris pour le prestataire, il convient donc de le renseigner le plus en détail possible sur la nature de l’objet comme sur les contraintes du site dans lequel doit être installée l’œuvre.

Le Silo (3/7)

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Sylvain Sorgato
Installation de Basic Source par Richard Serra, mai 2011 
deux plaques d’acier Corten, 150 x 150 cm chaque, poids unitaire 750 kg 

Le travail du régisseur consiste donc à extrapoler les éléments reçus afin d’interpréter les opérations qui permettront d’installer la sculpture.
Il s’agira ensuite de rechercher le prestataire adapté puis de l’instruire du projet afin que ce dernier puisse faire une offre financière.
Le régisseur assistera ensuite à l’installation, comme simple référent.

Le Silo (4/7)

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André Morin

vue d'exposition au Silo de Marines
oeuvres de Peter Downsbrough, François Morellet, Michel Verjux, Véronique Joumard et Richard Serra

collection privée

Le Silo (5/7)

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Krijn de Kooning
Maquette pour une construction au Silo de Marines, 2011
carton-plume peint

L’exposition inaugurale du Silo a été pour ce couple de collectionneurs l’occasion de l’acquisition d’une nouvelle œuvre de Krijn de Kooning.
L’exemple est assez voisin de celui précité avec l’œuvre de John Miller Lugubrious Game.
La sculpture de Krijn de Kooning est une construction géométrique faite de passages, de consoles et d’estrades destinée à être pratiquée par le public.
Cette construction est conçue comme une extension du bâtiment existant, comme la continuité d’une construction préalable mais encore en chantier au moment de la construction de l’œuvre : quand Krijn de Kooning « dessine » sa sculpture, le bâtiment n’est pas encore « livré ».

Le Silo (6/7)

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Sylvain Sorgato
Etude de une construction pour Krijn de Kooning au Silo de Marines, 2011

Krijn de Kooning vit aux Pays-Bas.
Le « modelage » de sa sculpture afin d’obtenir la forme dont on engagera ensuite la construction se fait par un dialogue « plastique » à distance dans lequel le régisseur reçoit la photographie d’une maquette, traduite en plans, modélisée en 3d, réévaluée en carton-plume, pour obtenir le bon à tirer de la construction qui peut alors commencer.
Le travail du régisseur consiste donc à retourner à l’artiste son interprétation technique du projet en ayant recours aux modes de représentation les plus pertinents dont il dispose. La qualité de la réalisation dépend de la richesse du dialogue entre le régisseur et l’artiste.
En aval et sous la responsabilité du régisseur, un menuisier attend des instructions claires, précises, pour engager la construction.

Le Silo (7/7)

Sylvain Sorgato
construction d’une œuvre de Krijn de Kooning, mai 2011
tasseaux et panneaux de contre-plaqué

Krijn de Kooning
Construction sans titre, 2011
tasseaux et panneaux de contre-plaqué peints
400 x 380 x 360 cm

Fondation François Schneider (1/3)

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Sylvain Sorgato
Etude d'implantation des oeuvres pour l'exposition Narcisse, l'Image dans l'Onde, 2014
Fondation François Schneider, Wattwiller

Autre exemple d’une régie dite volante : le commissaire d’exposition et le régisseur sont basés à Paris et le site est en Alsace.
Il s’agira donc d’interpréter le site et l’intégration des œuvres à distance, afin de renseigner au mieux le commissaire d’exposition et que celui-ci puisse élaborer un projet d’exposition le plus complet possible.
Elaborer un projet d’exposition revient à désigner les positions que l’on assigne aux œuvres dans les espaces d’exposition.
C’est un travail préalable, propice à la réflexion et à la maturation du projet, pour lequel l’oralité trouve vite ses limites. Ce travail prépare de façon utile et efficace à ce qui sera l’expérience des œuvres dans le bâtiment.
Rédiger, dessiner, renseigner un tel document peut permettre de produire un cahier des charges qu’il sera possible de suivre de façon très rigoureuse; mais il peut également n’être que le préalable à une expérience susceptible de modifications ou d’adaptations.
Préparer le dossier de l’exposition permet de s’y reconnaître lorsque l’on sera à pied d’œuvre.

Fondation François Schneider (2/3)

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Fondation François Schneider, Wattwiller (Haut-Rhin)
deux vues de la galerie sud

Pour préparer ce travail, le WEB peut se révéler une source iconographique importante, qui vient s’ajouter aux documents (plans et photographies) que la structure aura pu fournir, ainsi qu’à la visite préalable (un aller-voir) que le régisseur d’exposition pourra effectuer.

Fondation François Schneider (3/3)

Le public
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Yayoi Kusama
Narcissus Garden, 1966
700 sphères en acier chromé diamètre 30cm, prêt de l’artiste
Exposition : Narcisse, l’Image dans l’Onde, de juin à septembre 2014

Toute la difficulté de ce genre de projet tient dans l'inconnu que constituent le lieu et les interlocuteurs. L'essentiel du travail tient à la préparation technique du projet et à la coordiantion que le régisseur sera capable d'assurer entre les parties impliquées dans la réalisation de chaque étape du projet.

Détenues (1/3)

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Bettina Rheims
Détenues, 2014
ensemble de 50 portraits photographiques, scénographie de Nicolas Hugon
Centre des Monuments Nationaux, Sainte Chapelle de Vincennes, 2018

Le Centre des Monuments Nationaux a engagé des projets d’exposition d’œuvres contemporaines dans les Monuments dont il a la responsabilité.
Ces monuments, souvent restaurés, sont d’une grande fragilité et l’accrochage sur les parois existantes est systématiquement interdit.
La collaboration entre le commissaire, le scénographe et le régisseur est donc essentielle afin de servir au mieux le projet d’exposition dans le respect des contraintes du site.

Détenues (2/3)

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Bettina Rheims

Détenues, 2014

ensemble de 50 portraits photographiques

Centre des Monuments Nationaux, Château de Cadillac, 2018

L’installation de constructions temporaires est souvent indispensable.
Ces construction ont aujourd’hui une responsabilité nouvelle à assumer et qui tient à la gestion des déchets produits. La question du recyclage des constructions temporaires devient aujourd’hui cruciale et oblige à renoncer à des évacuations indifférenciées qui ne finiraient par être incinérées. 
L’usage de constructions en panneaux de particules (MDF) devrait donc tendre à disparaître.

Détenues (3/3)

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Bettina Rheims

Détenues, 2014

ensemble de 50 portraits photographiques

Centre des Monuments Nationaux, Friche de la Belle de Mai, Marseille, 2022

La scénographie imaginée par Nicolas Hugon engage un dispositif d'exposition qui soit entièrement démontable, réutilisable, et qui donc ne produise aucun déchet.

A ce jour, ,l'exposition Détenues a été montrée sept fois en réutilisant exclusivement les éléments d'origine.

Constructions temporaires (1/6)

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Sylvain Sorgato
Fond pour constructions temporaires

La réalisation de constructions temporaires, majoritairement en panneaux de particules et en feuilles de plâtre montées sur des ossatures est devenue le préalable obligé de l’installation d’une exposition.
Transformant tout ou partie du site, ces constructions temporaires représentent un investissement important en termes financiers et de calendrier.

Constructions temporaires (2/6)

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Sylvain Sorgato
Exemple de construction temporaire

Les constructions temporaires permettent de réaliser des parcours variés, adaptés au propos de l’exposition en déployant sa syntaxe, son récit.

Constructions temporaires (3/6)

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Sylvain Sorgato
Exemple de construction temporaire

La diversité des parcours proposés d’une exposition à l’autre permettent d’affirmer la créativité du site auprès des visiteurs réguliers de la structure, qui y redécouvrent à chaque fois une proposition originale.
Venant s’ajouter au contenus fournis par la programmation, la variété des agencements qui viennent se succeder dans un même lieu participe de l’attractivité du site.

Constructions temporaires (4/6)

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Sylvain Sorgato
Projet de constructions temporaires pour l’exposition Busygoingcrazy, juillet 2006
la maison rouge, Paris

Je reviens un instant sur Busygoingcrazy, exposition précitée qui s’est tenue à la maison rouge.
La collection, privée, est conservée dans l’une des habitations du collectionneur, qui se trouve être une maison dessinée par auguste Perret. 
La notoriété de cet architecte permet de penser ce bâtiment comme étant une des œuvres faisant partie de la collection.
On doit à Auguste Perret la reconstruction du centre-ville du Havre, presque entièrement détruit à la fin de la deuxième guerre mondiale. Pour ce faire, l’architecte a déployé une trame avec un pas de 6m27, correspondant à la plus longue poutre en acier disponible à l’époque.
C’est cette même trame qui fut appliquée dans la salle polygonale de la maison rouge, permettant de créer les cellules dans lesquelles les œuvres étaient rassemblées par thèmes historiques.
De la sorte, un hommage discret put être rendu à Auguste Perret et à sa place dans la collection exposée.

Constructions temporaires (5/6)

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Sylvain Sorgato
Constructions temporaires pour l’exposition Busygoingcrazy, octobre 2007
la maison rouge, Paris

Construction qui a donc été l’occasion d’un chantier assez important.
La chantier des constructions temporaires intègre la réalisation des socles et consoles, c’est une construction sur mesures dans laquelle il est possible de préparer des dispositifs spécifiques destinés à la sécurisation des œuvres ou à supporter des charges lourdes; il est également possible d’y cacher des réseaux d’alimentation électriques, vidéo et audio.

Constructions temporaires (6/6)

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structures autoportantes pour une exposition de Luc Delahaye
exposition : Une Photographie sous Tension, Musée Nicéphore Niepce, de février à mai 2014

La construction temporaire élémentaire est un volume creux autoportant.
Sa largeur minimale est de 60cm pour 2m50 de haut, afin d’éviter les risques de basculement.

Directeur technique (1/6)

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Le Directeur Technique assure le fonctionnement technique du site ainsi que sa conformité aux règles de sécurité autorisant l’accès du public.
Parce qu’il rend le site accessible, le Directeur Technique rend l’exposition possible.
Afin que nulle entrave ne soit commise et qui remette en cause la conformité du site aux règles de sécurité, il convient que le régisseur d’exposition travaille en relation directe avec le Directeur Technique, ce dernier devant être pleinement informé des questions relatives à la sécurisation des œuvres, aux agencements et constructions temporaires, et à la sécurité du public. 

Directeur technique (2/6)

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Les réglementations auxquelles sont soumis les Etablissements Recevant du Public prévoient le déploiement d’un certain nombre de systèmes, d’équipements et de balisages permettant d’assurer une gestion sécurisée de situations de crise.
La sécurité incendie est le thème sécuritaire le plus développé concernant les E.R.P., au point qu’il est susceptible de contribuer à la morphologie du bâtiment.

Directeur technique (3/6)

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Sylvain Sorgato
Sécurité incendie : cantonnements et zonage, 2004
la maison rouge, fondation Antoine de Galbert, Paris

La première responsabilité du directeur technique c’est de garantir la sûreté du public, et en particulier en cas de départ de feu ou d’incendie.
Les réglementations en matière de sécurité incendie sont des obligations qui produisent des contraintes dures pour les architectes et les scénographes et sont souvent déterminantes sur la conception d’une structure durable ou temporaire.
La sécurité incendie comprend le déploiement d’un certain nombre d’accessoires. Si l’on veut trouver le bon équilibre entre la présence requise de ces accessoires et la plus grande discrétion, la collaboration entre le directeur technique et le scénographe est indispensable, et ce dès les prémisses de la conception des constructions.

Directeur technique (4/6)

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Sylvain Sorgato
Manuel d’Expographie – Direction Technique : Point de Rassemblement

En matière de sécurité du public, le directeur technique assure qu’à tout moment le public soit en mesure d’évacuer le bâtiment et d’être rassemblé dans le calme en un point sécurisé.
L’évacuation du site doit faire l’objet d’un exercice annuel qui concerne les salariés de la structure et le public, encadré par les gardiens et le chef de poste, coordonné par le directeur technique.

Directeur technique (5/6)

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Sylvain Sorgato
Manuel d’Expographie – Direction Technique : Unités de Passage et Fréquentation

La capacité de fréquentation d’un volume architectural est défini par le nombre et le dimensionnement de ses accès.
C’est la responsabilité du directeur technique d’assurer que ces contraintes sont respectées, en particulier dans tout projet de construction temporaire.

Direction technique (6/6)

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Expographie

Sylvain Sorgato
Manuel d’Expographie – Direction Technique : Répartition du Réseau Electrique

Le réseau d’alimentation électrique est le deuxième point majeur placé sous la responsabilité du directeur technique. La conformité de ce réseau et son exploitation correcte sont en effet stratégiques puisque cela concerne tous les éclairages et les appareils électriques du bâtiment.
Un mauvais usage de l’électricité pouvant causer des dommages humains et matériels irréparables, son accès est limité, toujours soumis à l’approbation du directeur technique et du régisseur d’expositions, et ne peut être réalisé que par des personnels qualifiés ou compétents.

VI - Expographie

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J’ai rédigé et enregistré sous la forme d’un MOOC le Manuel de l’Expographe.
J’y avance une méthode qui permette aux sites d’exposition de disposer d’un service technique cohérent fondé sur le chaînage de la direction technique et de la régie.
Le Manuel de l’Expographe se présente également comme un guide technique complet à l’usage de quiconque voudrait réaliser une exposition.

Expographie - servir une oeuvre

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Christian Giordano
Installation de « Casto » de Virginie Yassef

La Ferme du Buisson, Noisiel, 2013

Pour servir correctement une œuvre il est nécessaire de repérer le vocabulaire et la grammaire de son auteur.
Le vocabulaire c’est l’ensemble des gestes, techniques, matériaux, outils et accessoires couramment utilisés.
La grammaire c’est l’usage qui est fait de ces techniques.
Lorsque le vocabulaire et la grammaire d’une œuvre sont repérées, il est alors possible pour l’assistant de se mettre dans les pas de l’auteur de l’œuvre à servir.
Une telle méthode peut être intéressante à l’usage des commissaires.

Expographie - un rapport aux oeuvres

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Sylvain Sorgato
Dispatch des photographies de John Edward Heaton, août 2015
exposition : Guatemala, du 9 septembre au 31 octobre 2015, Maison Européenne de la Photographie, Paris

Accrocher les œuvres c’est les soumettre au code de l’institution qui juge de la hauteur convenable. 
Si il arrive que le cadre fasse partie de l’œuvre, c’est-à-dire qu’il ait été décidé et choisi par l’auteur de ce qu’il contient; il est beaucoup plus rare que ce soit le cas du clou qui lui, dépend de l’institution.
Le dispatch est le préalable à l’accrochage pendant lequel une œuvre s’exprime avant que l’institution ne l’y autorise. 
Durant ce moment particulier, fugace, précaire, il arrive que certaines œuvres s’expriment assez bien.

Expographie - un rapport aux oeuvres

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Sylvain Sorgato
Dispatch des photographies de John Edward Heaton, août 2015
exposition : Guatemala, du 9 septembre au 31 octobre 2015, Maison Européenne de la photographie, Paris

Le préalable à l’accrochage, c’est le dispatch.
Le dispatch doit permettre de préciser une séquence décrite dans un cahier d’accrochage.
Un plan ça n’est pas un espace.
En se fondant sur l’irréductibilité de l’expérience de l’espace, nombre de commissaires tendent à faire l’économie du cahier d’accrochage.
J’y vois une double erreur : 
Cela ouvre à des intentions qui ne seront transmissibles qu’oralement.
Cela ne réalise pas le temps d’étude et de réflexion auquel invite l’élaboration d’un plan.
Réaliser au préalable un plan d’accrochage n’interdit pas d’en changer une fois sur place. J’incline volontiers à penser que la réalisation préalable d’un plan d’accrochage peut nourrir utilement les changements qui auront lieu sur place.

Expographie - servir le public

Enjeux artistiques

Sylvain Sorgato
Public au Musée de Grenoble
Musée de Grenoble, juin 2007

L’exposition est une expérience particulière qui démontre que la liberté individuelle d’expression n’est possible que sous le régime de la réciprocité.
Une partie de la liberté individuelle d’expression que la structure de légitimation accorde dans l’espace social aux artistes doit être restituée aux public.
C’est ce qu’exprime l’exposition lorsqu’elle autorise le public à choisir, à décider de son parcours.
Contrairement aux arts du spectacle, contrairement aux arts soumis à des structures narratives; l’exposition invite à l’appréhension globale de volumes architecturaux à l’intérieur desquels il est possible pour le visiteur de décider tu temps qu’il consacre à l’œuvre, voire de tourner le dos au tableau.

VII - Enjeux artistiques

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Christopher d'Arcangelo (1955-1979)

When I State That I am an Anarchist, I Must also State That I Am Not an anarchist,

To Be In the Keeping Wit The Idea of Anarchism

(When you look at a painting, where do you look at that painting?

What is the difference between a painting on the wall and a painting on the floor?)

action au Musée du Louvre, Paris, 1976

Servir correctement les œuvres et les expositions ou être force de proposition dans le cadre de ce service ne peut, de mon point de vue, se faire sans une pensée artistique.
Je vais, pour conclure, vous présenter brièvement quelques idées que j’utilise couramment pour construire mon rapport aux œuvres, aus espaces d’exposition et au public.

Enjeux artistiques - servir des facultés

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Anonyme
Public, Rembrandt National Gallery
Londres

Le public jouit d’au moins deux facultés qui se combinent : 
Le discernement
La faculté de juger
Ces deux facultés sont sollicitées au moment de la visite de l’exposition.

Enjeux artistiques - le jugement de goût

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Est beau ce qui plaît universellement sans concept.

Emmanuel Kant
citation extraite de la Critique de la Faculté de Juger, 1790

En 1790 Emmanuel Kant précise que la beauté n’est pas à trouver dans l’essence de l’objet considéré mais dans la faculté d’un sujet à l’exprimer. 
Kant précise que cette faculté, cette puissance, est universelle et qu’aucun groupe humain n’en détient l’exclusivité.
L’on voit ici la contribution de l’Esthétique à la construction d’une pensée politique, républicaine et démocratique.
Si les champs d’application de cette faculté de juger peuvent être nombreux, Kant précise que ce qui fait la singularité du jugement de beauté c’est son désintéressement : il est sans conséquences ni sur la nature de l’objet, ni sur le point de vue d’un tiers.
Le jugement de beauté ne peut donc être au mieux qu’un préalable, une étape vers autre chose.

Enjeux artistiques - une ontologie

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L’exécution de Louis XVI le 21 janvier 1793, place de la Révolution à Paris
d’après une gravure allemande
collection du Musée de l’Histoire Vivante, Montreuil 

À la tête du pouvoir on ne trouve plus un représentant de dieu sur terre (exotique), mais un représentant élu par la communauté à laquelle il appartient. 
D’autorité divine, le suffrage va progressivement devenir universel.
Je vois là une clef permettant de comprendre ce que peut être la modernité qui conduira à accepter par exemple que la peinture ne puisse renvoyer qu’à elle-même.

Enjeux artistiques - une ontologie

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La cuisine c'est quand les choses ont le goût de ce qu'elles sont.

 

Brillat-Savarin
Physiologie du goût, ou Méditations de Gastronomie Transcendante
Sautelet, Paris, 1825

 

Puisée dans l’univers de la gastronomie, cette citation permet de voir la pénétration de l’auto-référencement dans la culture et dans les moeurs.

Enjeux artistiques- la culture

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François Roddier
Thermodynamique de l’Evolution, un essai de Thermo-Bio-Sociologie
Éditions Parole, Paris, 2013

 

L’homme est une espèce naturelle qui a inventé la culture comme stratégie de survie .
La thèse de Jean-François Roddier pourraît être résumée ainsi :
Succédant à l’information génétique (bactéries ; 3,8 milliards d’années) 
puis à la constitution des systèmes nerveux (paleo-mammifère : 250 millions d’années), 
l’invention de la culture (galets aménagés : 2,5 millions d’années) permet aux groupes humains une adaptation plus rapide et efficace entre eux comme à leur environnement.
La culture est un pas vers les autres, un ensemble de faits et d’informations devant sans relâche être échangés entre les individus.

Enjeux artistiques- la place du désir...

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... dans un Monde fini.

 

François Roddier
Thermodynamique de l’Evolution, un essai de Thermo-Bio-Sociologie
Éditions Parole, Paris, 2013

 

L’art contemporain c’est celui qui reflète, relaye, ou  les problématiques qui sont celles de son époque. 
Il en soutient et démasque les promesses; il en alimente et projette les attentes; il permet de comprendre, d’imaginer, d’accepter et de réagir. 
L’art contemporain est celui qui véhicule notre histoire pour y inscrire notre contribution. 
L’art qui nous est contemporain est celui qui contribue à situer la place que l’on accorde au désir dans un monde fini.

Fin de l'exposé. Merci d'être arrivés au bout.

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